Beni – Lutte contre le trafic de ressources : 60 camions chargés de produits forestiers interceptés par l’ICCN
La biodiversité est sous haute surveillance dans le bassin de la Semuliki. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) annonce la saisie de 60 camions chargés de planches et de sacs de braises, en 15 jours du début de l’opération de traque.
À en croire le communicateur de l’ICCN, cette opération, menée avec l’auditorat militaire de Beni, vise à décourager la destruction illicite du Parc national des Virunga (PNVi).
“Disons qu’on est sur une opération de grande envergure depuis un moment, c’est-à-dire depuis un peu plus de quinze jours maintenant. L’opération, justement, cible le bassin de la Semuliki. Nous travaillons dans cette zone afin de stopper toutes les activités d’exploitation à grande échelle de la biodiversité du Parc national des Virunga. Nous parlons ici des activités de bois, notamment pour la fabrication des braises, disons la carbonisation, mais aussi la fabrication des planches. Et donc, depuis, je le disais, un peu plus de quinze jours, nous traquons tous ces criminels, justement, qui sont impliqués dans ces activités de destruction », a-t-il déclaré.
Se confiant à RADIOMOTO.NET ce jeudi 12 février 2026, Bienvenue Bwende martèle que la justice sera ferme contre les destructeurs de ce patrimoine naturel exceptionnel menacé par l’exploitation illicite en zone de conflit. Jusque-là, 60 camions chargés de planches et de sacs de braises ont été saisis.
“Nous avons jusque-là saisi plus de gargaisons, équivalent à plus de 60 camions de planches et de braises, dans la seule zone de la Semuliki. Ce qui nous donne une idée sur le niveau de la destruction de la biodiversité dans cette zone. Il faut dire que ces actions ont un impact irréversible sur la biodiversité, parce qu’un arbre qui est coupé aujourd’hui dans le parc, c’est un arbre qui a peut-être mis 100 ans à grandir. Quand vous coupez, il n’est pas évident que cet arbre-là, qu’un autre arbre revienne aussitôt. Vous savez, c’est une action avant tout, c’est une action de justice. Nous travaillons ensemble avec tous les acteurs provinciaux de la justice, notamment le parquet ainsi que l’auditoire militaire, et tous les biens saisis le sont conformément à la loi et sont à la disposition de la justice”, a-t-il précisé.
En 2025, l’exploitation illicite dans le Parc national des Virunga reste dominée par l’activisme des groupes armés qui occupent environ 50 % du territoire du parc. À en croire de nombreux enquêteurs, cette insécurité alimente une économie illicite générant des millions de dollars au détriment de la biodiversité. Les principales formes d’exploitation recensées touchent directement l’exploitation minière et pétrolière, la déforestation et le charbon de bois, la pêche et le braconnage ainsi que les conflits fonciers et agricoles.
Romulus Nguru