Ituri : l’exploitation sexuelle, le calvaire des jeunes filles déplacées de guerre dans les sites d’hébergement
Le communicateur de l’association de déplacés victimes de la guerre dans la province de l’Ituri alerte sur la situation dramatique des filles et enfants dans différents sites de déplacés. Pour les filles spécialement, il parle de l’exploitation sexuelle accentuée par le manque de métiers. Il invite l’humanitaire intervenant dans la protection de la jeune fille et des enfants à intervenir pour limiter la propagation des Infections sexuellement transmissibles (IST).
Olivier Bavi Karba s’est confié à RADIOMOTO.NET le lundi 16 février dernier. À l’en croire, dans plusieurs sites de déplacés, les jeunes filles s’offrent aux adultes. Les mariages précoces sont également au rendez-vous.
« Il y a des mariages précoces qui se passent selon la coutume, ce qui est condamnable par la loi. Nous avons des filles mères qui ont des enfants. Un enfant de 12 à 14 ans qui est dans le foyer. Un garçon de 14 ans qui a une femme dans le site. Les parents règlent leurs problèmes selon la coutume. Un garçon de 14 ans, il a un gosse. Une fille, par exemple, de 12 ans, selon leur coutume, on oblige ce garçon à épouser directement cette fille en étant mineur et pourtant ce n’est pas comme ça que ça doit se faire. Une fille de 12 ans ne peut pas devenir maman. Les filles sont délaissées. Les filles déambulent par-ci par-là. Il n’y a personne pour les protéger. Il y a vraiment le taux des maladies qui s’accroît”, a-t-il alerté.
Le communicateur de l’association de déplacés de guerre plaide pour l’intervention urgente des bonnes volontés et humanitaires afin de faire face à ce phénomène.
“C’est pourquoi nous lançons un message à toutes les structures des droits des filles mineures, des droits des enfants, à ceux qui combattent les violations graves, pour qu’ils multiplient la sensibilisation dans les sites de déplacés de guerre et vérifient chaque site”, a-t-il plaidé.
Pour l’année 2025, l’UNICEF a signalé environ 35 000 cas de viols et d’agressions sexuelles contre des enfants en RDC, une grande partie se concentrant dans l’est du pays, dont l’Ituri.
Moses Mumbere