Oicha : les préjugés masculins, frein majeur à l’emploi des femmes

Des femmes de la localité de Masumo en territoire de Lubero (Nord-Kivu) en activité du 08 mars 2022. Crédit photo : Elie Mbulegheti

À Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, la question de l’épanouissement professionnel et de l’autonomisation de la femme continue de susciter des débats au sein des ménages. Des femmes affirment avoir été empêchées ou découragées de travailler. Les hommes avancent des doutes sur la soumission de femmes avec des moyens pécuniaires.

Dans ce chef-lieu du territoire de Beni, certaines femmes dénoncent le fait que, malgré leurs études et leurs compétences, elles sont empêchées par leurs conjoints d’exercer une activité professionnelle. Elles sont plutôt confinées aux tâches ménagères et à l’éducation des enfants. 

Paradoxalement, celles qui obtiennent l’autorisation de travailler et commencent à générer des revenus, disent être parfois accusées d’insoumission ou d’infidélité en raison de leur autonomie financière, racontent deux femmes. 

« (I) Il y a des hommes qui interdisent à leurs femmes de travailler. Par exemple, moi, mon mari m’avait interdit d’aller à la pharmacie parce que je suis belle et que les autres devaient m’aimer. (II) Pour moi, votre père ici m’avait dit qu’il ne pouvait pas travailler avec l’argent de la femme. J’avais eu dans notre AVEC 300 000 francs. Je lui avais amené toute la somme pour qu’on puisse acheter des tôles. Il avait carrément refusé et il m’avait demandé 100 000 francs. Il avait tout consommé avec ses concubines et même gaspillé pour l’alcool”, ont-elles confié à RADIOMOTO.NET.

Pourtant les hommes rencontrés reconnaissent l’apport de la femme pour la survie de la famille. Ils craignent surtout que la femme s’écarte de sa mission première au foyer, l’éducation des enfants, tombe dans l’insoumission et ainsi déséquilibre la famille.

Dès que vous trouvez un boulot à une femme, il y a beaucoup de défauts que les hommes apprécient autour des femmes. Une femme qui travaille normalement, qui a une bonne relation avec son mari, il n’y a pas de problème. Mais dès qu’il est au boulot, il y a d’abord la sexualité là-bas. Il va faire des débauches là-bas. Donc, il y aura beaucoup de problèmes. Maintenant les hommes se réservent”, a réagi l’un des hommes interrogés par RADIOMOTO.NET

Les associations féminines ont toujours dénoncé les stéréotypes qui ne permettent pas à la femme de s’épanouir. Notons que c’est ce dimanche 8 mars que les femmes du monde vont fêter la journée dédiée au respect de leurs droits.

Stanley Muhindo 

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