Après avoir incendié leurs toilettes jugées insalubres, les élèves du Lycée Butembo reprennent le chemin des classes
Les élèves du Lycée Butembo ont renoué avec les cours, ce mardi 10 mars 2026. Une reprise intervenue 24 heures après qu’ils ont chômé une journée suite à l’incendie des installations sanitaires construites en planche, avec des conditions non hygiéniques.
L’autorisation d’utiliser les toilettes modernes, selon le nouveau préfet, a été accordée aux élèves à 7h30. Conséquence, les apprenants ont accepté de suivre les cours. Après quoi, la préfecture a convoqué une réunion d’urgence pour fédérer les partenaires de l’éducation dans cette école afin qu’ils comprennent les enjeux liés à l’usage des installations sanitaires de l’école.

Le comité d’élèves, les chefs de différentes promotions, le comité des parents, la direction de discipline, le préfet d’études et une mission de la coordination provinciale des écoles conventionnées catholiques ont pris part à la rencontre. À la sortie de cette réunion, le préfet d’études nous a accordé un entretien.
Le père Marie Ghislain Bahati Ben Kuba a déclaré avoir compris la revendication des élèves consistant au besoin de latrines saines et sécurisées. C’est dans ce cadre qu’il a ordonné l’utilisation des cabinets modernes, mais, dit-il, avec inquiétude.
« Nous avons pris en compte la réclamation des enfants. Nous avons été obligés de leur permettre d’utiliser les nouvelles toilettes. Mais nous sommes, au même moment, inquiets, parce que toute la tuyauterie n’est pas encore finie, les portes ne sont pas encore, toutes, fixées et le canal d’eau attend encore les travaux de finissage. Imaginez-vous ce qui peut être la retombée en utilisant, ainsi, ces latrines. Les toilettes à chute libre nous aidaient beaucoup », a expliqué le préfet en promettant d’accélérer le reste des travaux afin que le Lycée Butembo ait des lieux d’aisance confortables.
Pour le préfet, les derniers travaux avaient été interrompus pour laisser place à la construction d’un mur de soutènement qui devait protéger le bâtiment scolaire contre une érosion au rivage de la rivière Mundyatemo/Kikurura, côté sud de l’école.
En outre, le responsable scolaire a indiqué que les parties prenantes à la réunion d’urgence ont insisté sur la discipline des élèves, surtout en milieu scolaire. C’est sous cet angle qu’il dit avoir amorcé une enquête relative à l’incendie des anciennes toilettes pour en comprendre les circonstances et établir les responsabilités, sans exclure le pardon aux meneurs. Même si ça aura été qualifié d’un acte de barbarie, la pression des apprenants du Lycée Mukuna avait sa raison d’être du fait que l’autorité scolaire avait été plusieurs fois interpellée sur ce sujet et du fait que les apprenants ont droit à vivre dans un environnement qui ne menace pas leur santé, pouvait-on entendre de la bouche de certains enseignants de la même école.
Patrick Kalungwana