Nord-Kivu : plusieurs produits manufacturés haussent de prix à Goma 

Depuis près d’un mois, les prix de plusieurs produits manufacturés ont grimpé sur les marchés de la ville de Goma. Dans un constat réalisé par votre radio ce mercredi 25 mars 2026, de l’huile végétale raffinée à la farine pâtissière, en passant par le sucre, le sel et l’essence, ce bouleversement économique frappe de plein fouet les grossistes, les petits commerçants et les consommateurs finaux.

La situation pèse lourdement sur les pères et mères de famille qui, en plus du traumatisme lié aux conflits armés, doivent désormais subir une pression financière insupportable. Un bidon d’huile végétale qui coûtait 27,5$ se négocie aujourd’hui entre 37 et 40 dollars selon la marque. Le sac de sucre est passé de 35 à 41 dollars, le sac de riz à 18,5 dollars, tandis que la farine pâtissière se vend actuellement à 19 ou 19,5 dollars. Même le sel de cuisine n’est pas épargné, passant de 5,5 à 6,6 dollars. 

Sur le terrain, c’est de la grande surprise. Jerlas Kirengo, un commerçant grossiste venu de Lubero pour se ravitailler à Goma, regrette cette réalité. Pour lui, l’heure a sonné pour que les autorités agissent afin de relever ces défis qui étouffent l’économie et les populations locales.

“Les biens sont devenus trop chers. Nous ne savons plus comment nous allons vivre. Entre la guerre d’un côté, la crise économique de l’autre, nous sommes plongés dans les chagrins, ignorant quand cela prendra fin. Les commerçants, quant à eux, ne savent plus à quel saint se vouer face à des clients qui peinent à s’adapter aux nouveaux tarifs. En tout cas, si les décideurs doivent agir, c’est le moment de le faire pour sauver les habitats du Nord-Kivu”, s’est-il plaint. 

Les petits entrepreneurs, eux aussi, sont à bout de souffle. C’est le cas de Justin Zimwavagabo, pâtissier dans le quartier Majengo, en commune de Karisimbi, qui ne s’en sort plus face à l’augmentation du coût des matières premières. 

“Je produis des beignets et d’autres produits similaires, mais le prix des ingrédients augmente de manière vertigineuse. Nous, qui tenons des petits commerces, sommes ceux qui souffrent le plus. Un article que nous achetions par exemple à 14 $ coûte aujourd’hui 20 $. Ce qui coûtait 25 $ atteint désormais 48 $. Et nous ne savons plus comment travailler. Cela nous oblige à réduire la taille de nos produits. Et c’est ce qui entraîne une baisse des ventes”, a-t-il fait savoir. 

Parallèlement, le secteur du transport subit le même choc : le litre d’essence, qui se vendait dernièrement à 3 000 francs, a atteint la barre des 3 500 francs congolais. 

Selon les opérateurs de la place, cette montée des tarifs s’explique principalement par les tensions liées à la guerre au Moyen-Orient et l’augmentation des frais de transport. Seule lueur d’espoir dans ce tableau sombre, les produits agricoles de base, tels que les pommes de terre, les cossettes de manioc et les légumes, conservent pour le moment leurs prix habituels. Quant à la bière, le prix varie selon la marque et l’espace où elle est vendue.

Ghislain Siwako

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