RDC : baisse sensible du prix de la braise à Mangina et Makeke
Une baisse significative du prix de la braise est observée ces dernières semaines dans la commune de Mangina, en territoire de Beni (Nord-Kivu), ainsi qu’au village de Makeke, en territoire de Mambasa (Ituri), dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le mercredi 25 mars 2026, un sac de braise qui se négociait auparavant entre 60 000 et 70 000 francs congolais se vend actuellement entre 45 000 et 50 000 francs congolais. Malgré cette réduction, ce combustible essentiel pour la cuisson des aliments peine à trouver preneur et s’accumule dans les dépôts et alimentations de ces deux entités voisines.
À Makeke, Muhindo Sahani, détaillant de braise, témoigne des difficultés rencontrées. Depuis plus de deux mois, une dizaine de sacs invendus stagnent dans son dépôt. Alors qu’il avait acheté chaque sac à 70 000 francs, aujourd’hui il est obligé de vendre au détail pour espérer récupérer son capital, malheureusement sans succès faute de clients. Pour évacuer un sac, il lui faut plus d’une semaine, témoigne-t-il.
“Il y a presque deux mois, les charbons de bois se vendaient à un prix abordable. Un sac pouvait être éprouvé à deux jours. Mais aujourd’hui, cela peut prendre toute une semaine. Par jour, on peut gagner 1 000 ou 2 000 francs seulement. La braise ne se vend plus. Trouver un client à sac complet est devenu difficile. C’est surtout les petites quantités de 1 000 francs qui se vendent lentement en fonction de la situation actuelle. Cela signifie que l’argent ne circule pas. Certains disent que c’est à la baisse du prix du cacao”, a-t-il regretté.
Le constat est similaire chez d’autres commerçants, notamment à l’alimentation de Gabriel Muthuvya et Madame Anita. Ces derniers affirment éprouver d’énormes difficultés à réaliser des bénéfices dans ce commerce devenu peu rentable.
Face à cette situation, ils recommandent aux autorités d’améliorer les conditions sociales des agents et fonctionnaires de l’État, principaux clients de ce produit, afin de relancer le pouvoir d’achat et dynamiser le marché.
“(I) Cette baisse du prix ne nous arrange pas. Il n’y a plus de circulation de l’argent dans la communauté. Ce que je recommande aux autorités, c’est qu’elles haussent encore le prix du cacao pour que de l’argent puisse circuler. Aux fonctionnaires de l’État, nous prions les autorités de les payer, par exemple les enseignants, les infirmiers, pourvu qu’il y ait mouvement de l’argent dans la communauté. (II) Le commerce des braises est devenu plus difficile. On achète un sac à 50 000 francs. Il apporte environ 52 000 francs. 2 000 francs sont consacrés à l’emballage. Ce qui laisse un bénéfice de 6 000 francs. À l’État congolais de nous aider”, ont-ils plaidé.
En dépit de la baisse des prix de la braise à Mangina et Makeke, la faible demande illustre une crise économique persistante. Sans une amélioration du pouvoir d’achat des ménages, notamment des agents publics, ce secteur risque de continuer à tourner au ralenti, se sont désolées les sources de RADIOMOTO.NET.
Aristote Sabuni