Butembo : le Kyaghanda Yira salue l’engagement des femmes pour la paix en mars
Maître Moise Ndekeyonge, président de la société civile de la commune Mususa en ville de Butembo et du Kyaghanda Yira. Ph. Glodi Mirembe
Le Kyaghanda Yira-Butembo félicite toutes les associations des femmes pour les différentes activités organisées à l’occasion du mois de mars 2026. Le président urbain de cette association culturelle s’est exprimé ce jeudi 2 avril 2026 à la RADIOMOTO.NET.
Maître Moise Ndekeyonge salue l’organisation des rencontres de conscientisation de la femme sur la lutte pour la paix ainsi que la réalisation de certaines actions caritatives envers les personnes vulnérables, dont les déplacés.
Toutefois, Maître Moise Ndekeyonge invite les femmes à se lever pour l’éradication des maisons de tolérance communément appelées QG. Il estime que dans ces lieux prohibés s’opère une pure violation du droit de la femme par la femme en détruisant les jeunes filles.
“L’activité principale qu’il y a là-bas, c’est la débauche et la consommation de la boisson, surtout la boisson est fortement alcoolisée. Alors ça, c’est déjà un problème. À l’occasion, nous appelons l’État congolais. Dans la ville ici, nous voyons le maire de ville, nous voyons nos bourgmestres, nous voyons même nos magistrats, aussi même nos OPG qui doivent se mettre ensemble et voir dans quelle mesure démanteler ces QG. Bon nombre de QG sont tenus par des mamans. Je doute qu’il y ait un QG tenu par des papas. Mais visiblement, nous voyons que ce sont des mamans. Et même qui recrutent des jeunes filles, vous vous demandez aux filles : « Toi, tu es d’où ? Elles répondent : non, moi, je suis par exemple de Luotu, de Manguredjipa… J’ai été amené ici par la maman ici pour que je sois dans ce QG ici. Et même, je suis maintenant envoyé par elle devant les hommes pour coucher avec eux, avoir un peu de l’argent”, a-t-il déploré.
Le président du Kyaghanda Yira de Butembo rappelle aux femmes que les activités des QG vont à l’encontre des us et coutumes de la région. C’est pourquoi Maître Moise Ndekeyonge appelle les femmes propriétaires de ces QG à penser à l’avenir des garçons et des filles, futurs pères et mères de famille.
“Tout être humain vient sur terre à partir de nos mamans. Et pourtant, ce sont les mamans qui nous donnent la vie. Encore lorsque ce sont elles qui doivent encore monter des QG, ça fait mal. Les aïeux sont contre ça. La culture Yira ne veut pas la dépravation des mœurs. C’est parce que de la femme vient la vie humaine. Et donc, nous devons voir dans quelle mesure, nos mamans ne doivent plus chaque fois aller chercher les enfants d’autrui au village, au motif que vous venez les encadrer ici. Mais malheureusement, on va se rendre compte qu’il y a des QG. Nos jeunes garçons, ils vont épouser qui demain ? Alors que nos jeunes filles sont dans des QG, soumises à des pratiques inhumaines. Demain, nous aurons quel type de génération ?”, a-t-il fait interroger.
Il convient de noter que les maisons de tolérance se comptent par dizaines et des centaines éparpillées à travers les coins et recoins de la ville. Plusieurs rapports ont déjà été adressés aux autorités locales par les organisations de la société civile sur le danger que présentent ces QG, mais rien n’a bougé.
Kakule Kilumbiro