Lubero : ce qu’on sait des tirs entendus dans un quartier à Manguredjipa 

Le quartier Katanga, au chef-lieu du secteur de Bapere, a été plongé dans l’angoisse la nuit du mercredi 1ᵉʳ au jeudi 2 avril 2026. Des tirs nourris, impliquant des armes lourdes et légères, ont éclaté à la position des forces de l’UPDF, réveillant les traumatismes d’une population déjà meurtrie par les incursions passées des rebelles ADF. 

Le calme précaire qui régnait sur Manguredjipa depuis près d’un mois et demi a volé en éclats. Selon des sources locales qui se sont confiées à Radio Moto Butembo-Beni, l’incident a été déclenché par le passage d’un individu jugé suspect à proximité d’une position tenue par les militaires de l’UPDF (forces ougandaises). 

Sommé de s’arrêter, l’homme aurait refusé d’obtempérer. Craignant l’approche d’un éclaireur ennemi, les militaires ont ouvert le feu, utilisant un arsenal disproportionné composé d’armes légères mais aussi d’artillerie lourde. 

Ce déploiement de force a immédiatement provoqué un mouvement de panique générale au sein de la population civile, qui a cru à une nouvelle attaque terroriste. 

Le chef intérimaire du secteur de Bapere, Ortin N’Sele Bahati, a confirmé l’information tout en apportant des précisions de taille. Il s’avère que l’individu « suspect » n’était autre qu’un citoyen en état d’ébriété, incapable de répondre aux sommations militaires. Tout en déplorant la réaction de l’armée, l’autorité administrative a également pointé du doigt la responsabilité civile.

La personne n’a pas cédé à l’ordre des Ougandais, consistant à lui demander de s’arrêter. Et c’est ainsi que les Ougandais ont ouvert le feu. Malheureusement, l’arme utilisée, c’était une arme lourde, 12.7 comme on l’appelle. Ces crépitements de balles ont plongé la population dans la panique. Chose que nous n’apprécions pas, parce qu’à cause d’une seule personne, voilà que tous les habitants ont été plongés dans la psychose la nuit. Et la personne était contrainte maintenant. La personne s’est arrêtée. Et à l’heure où je vous parle, la personne se trouve encore entre les mains de l’UPDF, dans leur position située à Katanga”, a-t-il confié. 

L’autorité de base réitère ainsi l’interdiction des promenades, l’appel au calme et la collaboration sécuritaire. Puisque, jusqu’ici, Manguredjipa porte encore les stigmates des récentes incursions des présumés ADF. Pour les habitants, chaque détonation est un rappel douloureux des violences passées.

Augustin Kasigha

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