Lubero : des bâtiments d’écoles dans un état vétuste à Mubana
Les bâtiments de plusieurs établissements scolaires sont en état de vétusté dans la région du Graben, principalement à Mubana, une agglomération située sur la côte ouest du lac Édouard, en territoire de Lubero. Les murs fissurés et les toitures délabrées menacent chaque jour des centaines d’élèves et leurs enseignants. Depuis des années, aucune mesure palliative n’a été prise, et les risques pour l’éducation comme pour la sécurité physique des enfants ne cessent de grandir.
Les récentes tempêtes de mars 2026 ont arraché les toits de l’école primaire de Kyanguva et de l’institut Kisima, rappelant la fragilité des infrastructures scolaires locales. Les dégâts peuvent surgir à tout instant, sans prévenir. C’est la crainte exprimée par Kasereka Bwakya Âgé, directeur de l’EP Muhitha, qui a lancé un appel à l’État congolais et à ses partenaires : les parents, déjà en grande difficulté financière, ne peuvent relever seuls ce défi majeur.
“Nous sommes en train de voir que cette situation peut causer des problèmes à l’éducation des enfants. Des murs peuvent s’écrouler à n’importe quel moment. Des toitures peuvent s’envoler. C’est déjà un grave problème parce que, d’abord, le bâtiment est déjà vieilli. Pour que les écoles puissent être réhabilitées, les parents n’ont plus de moyens. Nous vivons dans des milieux à revenus faibles. Si le gouvernement ou les humanitaires peuvent intervenir, qu’ils soient les bienvenus, ça fait un besoin”, a-t-il exhorté.
La société civile, forces vives de Mubana, partage cette inquiétude. Son président, Jérémie Muviri, déplore les conditions indignes dans lesquelles les enfants suivent les cours. Il interpelle les élus du territoire de Lubero, qu’il place devant leurs responsabilités. Selon lui, les habitants n’ont bénéficié d’aucune infrastructure dans le cadre du projet de développement des 145 territoires.
“Aucune école n’a été retenue dans le projet des 145 territoires. Les écoles construites en 1980, en 1990, ce sont les écoles qu’on continue même à utiliser. Les enfants sont utilisés dans de mauvaises conditions. Les députés, qui connaissent mieux les milieux, doivent apporter la voix de la population auprès du ministre concerné par l’éducation, voire par le projet des 145 territoires, pour que la population garde plus confiance au gouvernement congolais”, a-t-il conscientisé.
Chaque intempérie qui emporte un toit rappelle donc cruellement la fragilité du système éducatif dans cette région. L’école, censée être un lieu de savoir et de protection, devient un espace de danger permanent pour ceux qui la fréquentent.
Ghislain Siwako