Beni : le développement des Bashu est-il pris en otage par ses propres élus ? (Analyse)
Le développement de la chefferie des Bashu est-il pris en otage par ses propres élus ? C’est le cri d’alarme lancé par Gerkas Mathe, un citoyen engagé de la région. Dans une lettre ouverte, il dénonce un système de « mandats télécommandés » et une guerre de leadership entre le député national Saidi Balikwisha et son poulain provincial, Katembo Mafungula.
Selon lui, pendant que ces deux alliés se querellent, les Bashu croupissent dans l’oubli, alors que les entités voisines progressent.
« Le gouvernement provincial multiplie les actions ailleurs. La route Mbau-Kamango est réhabilitée, des ponts sont construits, et les villes de Beni et Butembo voient leurs routes se moderniser. Même le secteur des Bapere, et certains groupes de pression, ont reçu des dotations de motos pour leur mobilité. Aussi, les engins de génie civil s’activent sur l’axe Mbau-Kamango », lit-on dans la lettre ouverte.
Pour Gerkas Mathe, ce contraste n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe de la faillite du plaidoyer de Saidi Balikwisha et du député provincial Katembo Mafungula.
À ce niveau, il retient les récents aveux de Mafungula, affirmant avoir été empêché de circuler dans les Bashu par son mentor, Saidi Balikwisha. Un « ordre mal donné » auquel l’élu provincial aurait obéi pendant plus d’un an, se désole-t-il avant d’ajouter que cette « gestion privée » de la volonté populaire est une trahison.
Ce fils des Bashu s’interroge pour comprendre comment des leaders peuvent prétendre défendre la population alors qu’ils se disputent le droit de « piétiner » le sol de leur base.
« Bashu est la grande oubliée du développement provincial », fustige-t-il dans sa lettre, soulignant qu’aucun kilomètre de route n’a été réhabilité sous leurs mandats respectifs. Gerkas appelle désormais la population à ne plus être dupe face à ce qu’il qualifie de « système de marionnettes ».
Visesa Louangel