RDC : le député Mbindule Mitono saisit le Gouvernement contre la pression fiscale dans le Grand Nord
Face à une pression fiscale jugée étouffante dans un contexte sécuritaire précaire, l’élu de Butembo, Mbindule Mitono Crispin, a officiellement saisi le ministre des Finances. Son plaidoyer : une révision urgente des nouvelles taxes frontalières qui frappent les opérateurs économiques du Grand Nord.
Dans une correspondance datée du 24 avril 2026, le député national Mbindule Mitono Crispin se fait l’écho des vives préoccupations exprimées par la Fédération des entreprises du Congo (FEC), section de Beni. En cause : une série d’augmentations tarifaires aux postes frontaliers qui menacent l’équilibre social et économique de la région.
Le député pointe du doigt trois anomalies majeures qui pèsent sur les importateurs et exportateurs de Beni, Butembo et Lubero. Il s’agit, selon lui, de l’extension de la taxe de contrôle sanitaire. Initialement prévue pour les produits toxiques ou stupéfiants, elle est désormais appliquée aux denrées de première nécessité (vivres), aux matériaux de construction et au ciment.
La hausse de la taxe de promotion de la santé : elle frappe indistinctement l’ensemble des marchandises importées. La violation de la Loi agricole : l’élu dénonce une taxe sanitaire à l’exportation sur les produits agricoles dépassant le plafond légal de 0,25 % fixé par la Loi n°11/022 de 2011.
« Ces mesures interviennent dans un contexte particulièrement critique marqué par une insécurité persistante due aux exactions des groupes armés (ADF, M23/AFC) », souligne le député, alertant sur le risque d’une explosion du coût de la vie pour les populations déjà meurtries.
Pour désamorcer cette crise économique, Mbindule Mitono Crispin soumet au gouvernement quatre axes d’intervention prioritaires. C’est d’abord la clarification de la base légale, avec le député qui exige que la portée exacte et le fondement juridique de ces nouvelles augmentations soient explicités en toute transparence. C’est ensuite le contrôle de conformité. Ici, il demande un examen rigoureux de la compatibilité de ces taxes avec les textes législatifs en vigueur, particulièrement en ce qui concerne l’exonération ou l’allègement de la fiscalité agricole. Il évoque également la suspension ou révision, au regard de l’exception sécuritaire et économique du Grand Nord.
L’élu appelle à geler ou à réviser ces mesures pour soulager la trésorerie des opérateurs locaux. En fin, Mbindule conseille le retour aux mesures d’allègement. Le député exhorte donc le Ministre à reconduire ou adapter les mécanismes du décret n°24/17 de novembre 2024, qui prévoyait des allègements fiscaux et douaniers spécifiques pour les provinces sous état de siège (Nord-Kivu et Ituri).
Pour Mbindule Mitono, l’heure ne doit pas être à la pression fiscale accrue, mais au soutien de la résilience économique. En rappelant que l’insécurité a déjà fragilisé le tissu socio-économique, il place le ministre des Finances devant ses responsabilités : protéger le pouvoir d’achat des citoyens en évitant que la fiscalité ne devienne un fardeau plus lourd que la guerre elle-même.
Visesa Louangel