Rutshuru : plusieurs ménages de déplacés de guerre en difficulté de survie à Mutanda
La situation humanitaire est très préoccupante dans une partie du groupement Mutanda, dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru. Plusieurs ménages déplacés et retournés y mènent une vie très difficile. Ils manquent de vivre et d’accès aux soins de santé.
À en croire le vice-président du comité chargé des mouvements des populations de Bwalanda, Muhingya Moise, les localités Kirima, Rwahurukene et Rwahanga, dans le groupement Mutanda, abritent près de 2600 ménages déplacés et plus de cinq mille six cents autres ménages retournés, selon un récent dénombrement fait début avril en cours.
Ils ont fui la situation sécuritaire instable en partie dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Walikale. Ces déplacés et retournés vivent péniblement.
Nyirahabimana Tuyisenge Judith, veuve et mère de sept enfants, témoigne : « Nous faisons des travaux journaliers pour 2000 francs congolais par jour. On ne sait pas ce qu’il faut acheter au marché. Un tas de patates douces coûte 1000 francs congolais. Avec ces 2000 francs congolais, on ne sait s’il faut acheter les patates douces ou autre chose. Les enfants sont malades. Il y a aussi le loyer. Nous occupons une chambrette dans une parcelle d’autrui. Le bailleur nous demande 10 000 francs congolais par mois. Mon enfant est mort l’autre semaine. Je pense que c’est faute de soins de santé. Lorsque nous allons au centre de santé, on nous dit qu’on ne peut pas nous soigner sans même l’argent de la fiche. Et là où nous vivons, je fais la lessive de mes habits au sein même de la rivière en attendant que ces vêtements sèchent. On risque même d’être violée à cause de rester nue ».
Même ces travaux journaliers qui occupent occasionnellement ces déplacés et retournés deviennent de plus en plus rares, rendant plus compliquées les conditions de vie déjà difficiles pour ces déplacés et retournés, affirme Shabani Mungu Iko, un déplacé venu de Kashuga et père de six enfants.
« La vie en déplacement, c’est compliqué ici. On cherche un travail journalier, on n’en trouve même pas. On reste oisif dans le village. Et là où on a été reçu, c’est un lieu de culte. Lorsque les fidèles de cette Église viennent pour la prière, il faut dégager les effets de ménage et les garder dehors en attendant la fin de la prière pour les remettre. Certains biens se perdent dans ces circonstances. Il devient difficile de veiller sur les enfants. On manque de la nourriture, les vêtements et les souliers sont, tous perdus avec la guerre », s’est-il alarmé.
Ces déplacés de guerre appellent ainsi à une assistance humanitaire en vivres, soins de santé et vêtements.
Faustin Tawite