Lubero : même les activités agropastorales à l’arrêt à Vuyinga
Les activités agropastorales sont presque toutes à l’arrêt dans l’agglomération de Vuyinga et environs. Les populations ont abandonné en grande partie leurs champs et sont toutes concentrées au centre de Vuyinga. Le calvaire de ces citoyens congolais commence en 2025 lorsque les présumés ADF ont attaqué plusieurs villages de la chefferie de Baswagha et du secteur de Bapere.
Les agriculteurs et les éleveurs ont vite abandonné des champs de cacao, des bananiers, du riz et d’autres cultures. Pour le moment, personne ne veut rentrer dans la profondeur par peur d’être massacré, l’ennemi étant toujours caché dans la brousse. En conséquence, les populations deviennent de plus en plus pauvres, comme nous le décrit Musubao Katirisa, président de la FEC-Vuyinga.
“Pour les questions agricoles, nous vivons tous de l’agriculture et de l’élevage. Les bêtes ne sont plus visibles parce que l’élevage se pratiquait au champ. C’est là où se cachent les ennemis depuis très longtemps. Les habitants ont déjà abandonné leurs champs. Nous tous sommes concentrés au centre. Impossible de pratiquer l’élevage. Tout cela nous crée des problèmes au point qu’il est maintenant difficile de trouver la viande de la chèvre. Trouver une poule, c’est déjà compliqué, même l’œuf. La même situation provoque la carence de certains produits agricoles qu’on espérait obtenir à partir de nos champs. Surtout avec la baisse du prix du cacao, la vie devient de plus en plus difficile”, a-t-il fait savoir.
Il s’agit d’un aspect que le président de la FEC-Vuyinga déplore, qui consiste en la tracasserie dont les populations subissent la part de différents services de l’État, dont les services de sécurité. Cette situation, selon Musubao Katirisa, empêche certains habitants de regagner leurs villages par peur d’être la cible des Wazalendu, des militaires et des services de renseignement qui exigent parfois des sommes d’argent exorbitantes.
“Dans nos villages, il y a d’autres problèmes. Il y a aussi nos propres fils. Les Wazalendo, quelquefois, ils tracassent. Ils demandent des sommes d’argent exorbitantes, au-delà du revenu que la personne gagne de son travail. Cet habitant est avant tout un déplacé, qui pense rentrer au village pour faire les champs. Lorsqu’on lui demande une sorte de taxe mensuelle, alors qu’il n’y a rien aux champs, tout cela nous crée de sérieux problèmes dans notre région. C’est pourquoi nous demandons à nos autorités de nous supporter mutuellement”, a-t-il plaidé.
L’agglomération de Vuyinga et environs fournissait des produits agricoles de tout genre aux grands centres urbains comme la ville de Butembo.
Kakule Kilumbiro