Beni : à Masiani, plus de 80 familles pygmées déplacées de guerre vivent sans assistance
Plus de 80 ménages de familles pygmées déplacées vivent actuellement dans le quartier Masiani, cellule Kitobi, près de l’Université Chrétienne Bilingue du Congo (UCBC) à Beni. Ces familles ont fui leur campement de Ngadi après une attaque des combattants présumés de l’Allied Democratic Forces, ADF. Cet assaut de la nuit de samedi 30 à dimanche 31 mai 2026 a fait une vingtaine de morts et la destruction d’importants biens matériels. Aujourd’hui, ces rescapés vivent dans des conditions difficiles dans leur lieu de refuge et lancent un appel à l’aide aux personnes de bonne volonté.
Sous des bâches vivent des familles pygmées déplacées. Elles ont fui leur campement du quartier Ngadi, au nord de Beni-ville, après une attaque meurtrière survenue à la fin du mois de mai 2026.
Selon les survivants, des combattants présumés de l’ADF ont attaqué leur site pendant la nuit. Ces familles s’étaient installées dans cette zone après avoir quitté leur forêt d’origine, toujours à cause de l’insécurité.
Lors de cette attaque, sept membres de la communauté pygmée ont été tués. Parmi les survivants figure Johny Nzanzu, petit frère de feu Mangese. À notre passage à Kitobi, il a raconté avoir perdu plusieurs membres de sa famille. Il a également expliqué avoir été blessé au dos et au cou par les assaillants.
« C’est par la grâce de Dieu que j’ai échappé des mains de l’ennemi. C’est pourquoi j’appelle la population de Beni à songer toujours à moi, à voir dans quelle mesure m’aider. Je mérite vraiment d’être assisté. Je demande aux autorités et à la population de Butembo de penser à moi », a-t-il exhorté.
Depuis cette attaque, plusieurs familles vivent dans ce site de fortune de Kitobi avec la peur permanente. Elles affirment n’avoir aucun autre endroit sûr où se réfugier. Dans ce camp, les femmes et les hommes ayant survécu dénoncent le manque d’aide humanitaire et les conditions de vie difficiles auxquelles elles sont confrontées.
« (I) Actuellement, nous manquons d’endroit où aller. Nous voulons nous rendre à tel endroit, c’est toujours de l’insécurité. Nous voulons aller de l’autre part, nous voulons aller ailleurs, c’est toujours la même chose. Nous vivons difficilement ici. Nous arrivons à manquer même du savon pour lessiver. Trouver de l’argent pour acheter quelques cossettes de manioc, c’est devenu difficile. Si vous trouvez là dans la communauté quelque chose qui peut nous aider, prière de nous l’amener. (II) C’est ce papa ici qui garde toutes ces personnes. C’est lui qui nous héberge tous ici. C’est pourquoi nous disons que lui aussi doit être aidé. Si nous vivons ici, c’est grâce à lui », ont-ils également appelé à l’aide.
Fatigués par les déplacements répétés et l’insécurité, ces pygmées lancent un appel aux autorités, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté. Ils demandent une aide urgente ainsi qu’une solution durable à leur situation.
Patrick Kalungwana & Luciana Musivirwa (Moto TV)