Rutshuru : la famine menace Nyamilima et Buramba après le passage d’éléphants dévastateurs
La famine se profile à l’horizon à Nyamilima et Buramba, à une quarantaine de kilomètres de Kiwanja, sur la route Ishasha, dans le territoire de Rutshuru. Des habitants décrivent la prédation de leurs cultures par des éléphants du parc national des Virunga depuis plusieurs semaines. Débordés par la situation, les habitants s’en remettent aux responsables de cette aire protégée pour éviter le pire.
Comme on peut l’entendre dans ce cri de détresse de cet habitant, des éléphants ne laissent aucune plante debout à leur passage dans les champs des paysans situés à Bisoso, Nyamuragiza ou encore à Binza, à l’ouest de la cité de Nyamilima.
Selon des habitants, ces pachydermes dévorent des plantes de haricots, de maïs et de soja. Ils piétinent même des plantes qui échappent à leurs trompes. Cette situation prive les habitants de Nyamilima et Buramba des moyens de survie.
“Toutes les cultures ont été ravagées. La plupart n’ont rien récolté. Seulement quelques personnes qui gardaient avec leur technique des feux pour chasser ces bêtes, qui ont seulement récolté quelques morceaux », a expliqué un habitant de la place.
Impuissants, ces habitants appellent les équipes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) basées dans cette zone à procéder au refoulement de ces animaux chaque fois qu’ils se dirigent vers les champs des paysans.
“Le problème, ce sont ces éléphants. Nous demandons qu’on nous aide à faire le refoulement lorsqu’ils sont au point d’entrer dans la chefferie. Qu’on les refoule pour qu’ils ne détruisent pas nos cultures. On les voit dévorer des plantes et piétiner d’autres. Et là où ils ont piétiné, il n’y a plus rien », a plaidé une femme cultivatrice.
Il convient de noter qu’entre 2019 et 2020, l’ICCN a construit une clôture électrique à la limite du parc autour de Nyamilima pour protéger les cultures de la prédation. Mais ces éléphants débordent cette clôture pour rentrer dans les champs des paysans cultivateurs en passant la rivière Rivé, explique-t-on à Nyamilima.
Faustin Tawite