Dialogue inclusif en RDC : Tshisekedi cède, mais la bonne foi du gouvernement interrogée par Augustin Muhesi

Après beaucoup de temps, le président de la République Démocratique du Congo a accepté la tenue d’un dialogue inclusif au pays. L’annonce faite la soirée de vendredi 17 juillet 2026 par le cardinal Fridolin Ambongo au sortir d’un entretien avec Félix Tshisekedi est différemment analysée par les acteurs politiques et sociaux.

Ce samedi 18 juillet, RADIOMOTO.NET a approché Professeur Kahindo Muhesi Augustin, politologue et enseignant dans plusieurs universités du pays. Il attribue ce revirement du chef de l’Etat à une des caractéristiques de l’univers politique qui est un monde changeant, d’une part.

De l’autre, il parle d’un résultat de la pression de la communauté internationale, des conseils de chefs d’Etat de la région et de l’instance des partisans du dialogue dont les églises Catholique et Protestante. Cependant, il s’interroge encore sur la bonne foi du gouvernement à tenir ce dialogue.

 « D’une part, ce sont les résultats de la pression internationale et des conseils prodigués par les chefs d’État de la région. Mais c’est aussi le fait de ceux qui ont réclamé ce dialogue, notamment les pères de l’opposition.  La question qui se pose maintenant est de savoir si le pouvoir va s’engager sincèrement dans ce dialogue, ou s’il cherche simplement à l’accepter tout en ayant l’intention de piéger», se questionne ce politologue.

Le professeur Kahindo Muhesi Augustin reconnait qu’il sera difficile de distinguer ceux qui iront pour faire réellement la paix et les autres qui n’y seront que pour passer le temps. Il ne cesse de se poser des questions sur plusieurs aspects préparatifs. C’est principalement sur les participants et leur disponibilité, les attentes des uns et des autres et même sur le lieu des assises.

« Et ce qu’on sait, c’est que l’on annonce qu’il sera inclusif. Mais que va signifier réellement un dialogue inclusif ?  Quel sera ce format ? Quels seront les participants ?  Tous les invités accepteront-ils de venir participer à ce dialogue ? Au cas où  par exemple ceux qui ont pris les armes y étaient appelés, est-ce qu’ils accepteraient ? Quelles seraient leurs conditions ?  Ce dialogue va-t-il réellement permettre à ce que, aux vues de toutes les divergences au sein de la classe politique congolaise, va-t-il exiger par exemple que les sanctions ou les jugements qui ont été prononcés à l’égard de certains acteurs politiques comme l’ancien président tombent en moule », s’interroge professeur Muhesi.

Notre interlocuteur n’a pas caché sa crainte. Celle de voir les divergences prendre le dessus sur les compromis, ce dialogue ne pas aboutir à des solutions pérennes ou alors répéter les erreurs du passé.

Déjà pour ce samedi, les Eglises Catholique et protestante ont consulté les responsables de l’opposition. Pasteur Eric Senga a, au nom de la dynamique de la médiation, indiqué qu’il fallait discuter avec les opposants de la question de la manifestation prévue mercredi 22 juillet prochain alors que le processus du dialogue est déjà lancé.

Stanley Muhindo

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