Butembo : John Kameta s’exprime sur les plaidoyers de la société civile auprès des autorités
“Si l’autorité de l’État n’exécute pas les recommandations et les propositions qui lui sont adressées par les responsables de la société civile, parfois la paisible population pense que nous ne jouons pas bien notre rôle de sentinelle.” C’est de cette manière que le président de la société civile de la commune de Bulengera en ville de Butembo répond à ceux qui croient que la société civile dénonce sans faire le suivi auprès des autorités de l’État.
Au cours d’un entretien avec RADIOMOTO.NET ce jeudi 23 juillet 2026, John Kameta rappelle à la population que les responsables de la société civile sont parfois vus par certaines autorités comme des ennemis en raison de leur courage de demander des comptes aux décideurs.
“Ce qui est vrai, c’est qu’il y a des problèmes que nous remontons. Il y a des solutions que l’on trouve, que l’on constate. Mais aussi, il y a des problèmes auxquels nous faisons face, que nous remontons. Quels que soient les suivis, je ne vais pas vous cacher les mots, la force de la société civile se limite quelque part à un niveau. À quel niveau ? Si l’autorité ne veut pas agir, quels que soient les suivis, quelle que soit la dénonciation, quelle que soit la pression, l’autorité n’agit pas. Je vais vous donner un cas. Dans la commune rurale d’Oicha, la société civile s’est engagée contre les violations occasionnées par la bourgmestre de cette commune. On a fermé des boutiques, on a fait des marches, on a fait tout ce qu’on pouvait faire. Mais aussi longtemps que celui qui doit décider n’a pas encore décidé, ses actions semblent être mortes, semblent être faibles », a-t-il expliqué.
John Kameta fait savoir que le pouvoir de la société civile est limité à un certain niveau du fait qu’il n’est pas coercitif. Pour donner de la force aux actions de la société civile, il appelle la population à soutenir ces actions par une participation massive. Il s’insurge contre la naïveté de la population qui souffre parfois en silence par crainte de l’autorité de l’État.
« L’accompagnement dont nous avons besoin, par exemple, c’est quand nous appelons cette population pour discuter des problèmes X ou Y, que cette population vienne en masse, par exemple. Deuxième soutien que la population devrait faire, c’est lorsqu’il y a un problème, qu’elle sente que réellement la société civile est appuyée. Par exemple, si nous écrivons une pétition, que cette pétition soit signée en masse. Mais le comble, c’est qu’on peut même demander des signatures. Il y a ceux-là qui vont se soustraire, parce qu’ils craignent des représailles de la part des services de sécurité », a-t-il recommandé.
La société civile est une structure citoyenne qui joue un rôle important servant de pont entre les autorités de l’État et la population. Elle dénonce le mal, alerte sur les probables dangers, recommande et propose des pistes de solution aux décideurs sur les problèmes de la population. Elle a aussi la mission d’encourager de bons projets initiés par l’autorité de l’État.
Kilumbiro Jean Pierre