Butembo : Me Angélus Musumba alerte sur des conditions inhumaines dans la prison de Kakwangura
La situation au sein de la prison urbaine de Kakwangura à Butembo au Nord-Kivu a atteint un seuil d’urgence sanitaire, humanitaire et judiciaire sans précédent. C’est l’alerte de Maître Angélus Musumba.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 22 juillet 2026, ce défenseur judiciaire dénonce les mauvaises conditions carcérales et les violations des droits humains dans la prison de Kakwangura. Dans ce document consulté par Radio Moto Butembo-Beni, Maître Angélus Musumba peint un tableau sombre de la situation carcérale à la prison de Kakwangura.
« La situation de la prison centrale du Kakwangura en ville de Butembo constitue aujourd’hui une crise humanitaire, sanitaire et judiciaire. Conçue pour l’accueil d’environ 200 personnes, en accueil près de 1 400. Une telle promiscuité favorise la propagation de maladies. Il y a l’insalubrité, il y a la malnutrition, il y a le manque d’eau et l’insuffisance de soins de santé. Alors ces conditions portent vraiment atteinte à la dignité humaine et compromettent le droit fondamental à la vie », a-t-il alerté.
Pour Angélus Musumba, la situation que traversent les détenus de Kakwangura est due à plusieurs facteurs. Il a cité la lenteur des procédures judiciaires, le maintien abusif en détention préventive prolongée, l’absence d’infrastructures adéquates et le manque d’investissements publics dans le secteur de la justice, la situation géographique de la prison, etc.
Construite en plein quartier résidentiel, la surpopulation de cette prison expose la population environnante à des risques sécuritaires et épidémiologiques, se désole-t-il. Ainsi Maître Angélus recommande l’intervention urgente du ministère de la Justice.
« Les quelques recommandations urgentes au ministère de la Justice, notamment la première, c’est de décrypter la situation de la prison centrale de Kakwangura comme une urgence humanitaire nécessitant une intervention immédiate. Deuxièmement, organiser une mission d’inspection sérieuse au sein du ministère de la Justice, afin d’évaluer les conditions réelles de détention et de prendre des mesures concrètes. Et troisièmement, nous proposons la réduction rapide de cette surpopulation carcérale, en accélérant, bien sûr, le traitement des dossiers judiciaires », a-t-il plaidé.
En conclusion, maître Angélus rappelle que la prison doit demeurer une institution de rééducation et de réinsertion sociale conformément à la loi, et non un lieu de souffrance ou d’abandon. Pour lui, la crédibilité de la justice congolaise se mesure également à la manière dont l’État traite les personnes privées de liberté.
Esther Vwiravwahali