Nord-Kivu : mieux faire connaître les services de prise en charge des survivants des violences sexuelles liées aux conflits

Dans une région encore marquée par les conflits armés et leurs conséquences sur les populations civiles, les violences sexuelles liées aux conflits demeurent une préoccupation majeure en matière de protection et de santé. Pour sensibiliser la communauté sur cette problématique et encourager les survivants à recourir aux services disponibles, une émission interactive a été organisée ce lundi 10 août 2026 sur les antennes de la Radio Moto Beni-Butembo (RMBB).

Invité à cette émission, Katembo Kalondero Philemon, officier de protection au sein de l’ONG AHDI, a insisté sur l’importance d’une prise en charge rapide et globale des personnes affectées par les violences sexuelles liées aux conflits.

Cette sensibilisation s’inscrit dans le cadre du projet d’assistance aux victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes graves, mis en œuvre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu avec l’appui des partenaires concernés.

Une prise en charge rapide recommandée

Selon l’intervenant, les violences sexuelles liées aux conflits peuvent prendre différentes formes et avoir des conséquences importantes sur la santé physique et psychologique des survivants.

Dans ce contexte, l’accès rapide aux soins constitue une étape essentielle. « Nous sommes dans un contexte d’insécurité généralisée où les viols, l’esclavage sexuel et les mutilations sont monnaie courante », a déclaré Katembo Kalondero Philemon au cours de l’émission.

Il a notamment insisté sur l’importance de consulter rapidement une structure de santé après une agression sexuelle. Une prise en charge dans les meilleurs délais permet notamment de prévenir certaines infections sexuellement transmissibles, dont le VIH, ainsi que les grossesses non désirées.

Dans l’idéal, les survivants sont encouragés à se rendre dans une structure de prise en charge dans les 72 heures suivant l’agression afin de bénéficier des soins et services appropriés.

Dans la région, certaines structures sanitaires, notamment l’Hôpital général de référence Kitatumba à Butembo et l’Hôpital général de référence (HGR) de Lubero, sont identifiées pour contribuer à la prise en charge des personnes affectées, selon les services disponibles.

Une prise en charge qui ne se limite pas aux soins médicaux

La prise en charge des survivants ne se limite cependant pas aux soins médicaux. Elle peut également comprendre un accompagnement psychosocial, une assistance juridique ainsi que, selon les besoins et les dispositifs disponibles, un accompagnement en vue de la réinsertion socio-économique.

Pour Katembo Kalondero Philemon, le respect de la volonté et de la confidentialité des survivants reste essentiel dans ce processus.

« On n’impose rien », a-t-il insisté, soulignant que la prise en charge doit respecter le choix de la personne affectée ainsi que les principes de confidentialité et de consentement.

Ces principes sont particulièrement importants dans un environnement où la peur du rejet et de la stigmatisation peut empêcher certaines victimes de rechercher de l’aide.

Encourager les survivants à rechercher de l’aide

Au cours de l’émission, l’accent a également été mis sur la nécessité de rompre avec le silence et d’orienter les personnes affectées vers les services compétents.

Dans la zone de santé de Butembo, la cartographie des structures appuyées dans le cadre du projet identifie notamment l’HGR Kitatumba, le Centre de santé Vulamba, le Centre de santé Vulindi et le Centre hospitalier Kivika. Un espace sûr est également identifié à Limboro pour contribuer à l’accompagnement et à l’orientation des personnes affectées.

Les survivants et leurs proches sont ainsi encouragés à rechercher rapidement une assistance auprès des structures de prise en charge disponibles ou à utiliser les mécanismes d’orientation et de signalement mis à leur disposition, notamment les lignes vertes 495555 et 122, lorsque celles-ci sont accessibles dans leur zone.

Au-delà de la réponse médicale, l’information et la sensibilisation de la communauté apparaissent comme des moyens importants pour lutter contre la stigmatisation et favoriser l’accès des survivants aux services.

La sensibilisation à travers les médias vise ainsi à rapprocher l’information des communautés et à rappeler que les personnes affectées par les violences sexuelles ont droit à une prise en charge respectueuse de leur dignité, de leur sécurité et de leurs choix.

Georges Makeo

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