Butembo : le Dr Katirisa rappelle la nécessité d’un suivi médical d’urgence après une violence sexuelle

Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le viol est utilisé comme une arme de guerre silencieuse, brisant des vies dans l’ombre. Mais au-delà du traumatisme psychologique, une bataille médicale contre-la-montre s’engage dès les premières minutes suivant l’agression. Ce mercredi 26 août, nous nous sommes rendus au centre médical spécialisé African Health Medical Scheme (AHMS/C.H Kivika) à Butembo pour comprendre pourquoi, en matière de violences sexuelles, le temps est le premier facteur de survie.

Pour les survivantes, le délai de 72 heures n’est pas une simple recommandation, c’est une frontière entre la prévention et l’irréversible. Le docteur Katirisa, gynécologue-obstétricien et expert en santé sexuelle, nous explique l’enjeu de cette fenêtre d’intervention.

« La fenêtre de 72 heures après une agression sexuelle est une urgence médicale… elle correspond surtout à la période pendant laquelle certaines interventions préventives, notamment la prophylaxie post-exposition (PEP) contre le VIH, sont encore susceptibles d’empêcher l’infection », a-t-il rappelé.

Mais le protocole ne s’arrête pas au VIH. La lutte contre les grossesses non désirées est également une priorité, avec une marge de manœuvre légèrement plus souple, bien que chaque heure compte.

« La contraception d’urgence peut être proposée… elle peut être utilisée jusqu’à 120 heures, c’est-à-dire 5 jours après l’agression, avec une efficacité généralement meilleure lorsqu’elle est administrée rapidement« , a-t-il ajouté.

Au-delà des médicaments, l’accueil est la première étape de la guérison. Au laboratoire et dans les couloirs du centre AHMS, le personnel s’active pour offrir un environnement sécurisé. Kasoki Kinyegho Rebecca, technicienne de laboratoire, détaille le parcours d’une victime dès son arrivée.

« Quand nous avons un cas pareil, la personne nous arrive, nous l’accueillons ici chez nous, nous la parlons par un psychologue. Il est là pour ça. Il doit lui faire comprendre que malgré tout ce qui lui est arrivé, ce n’est pas la fin du monde. Elle doit toujours continuer à survivre… Elle parle avec le médecin directeur, passe par la consultation, le labo et les soins, nous les faisons pour elle« , a-t-il expliqué.

Dans une région meurtrie par les conflits, l’accès financier aux soins ne doit pas être un obstacle. Grâce au soutien de l’UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la Population), des kits de prise en charge d’urgence sont disponibles gratuitement au centre médical spécialisé African Health Medical Scheme. Cette aide permet de garantir que le protocole médical de la prévention des infections aux soins psychologiques soit accessible à toutes, sans délai.

Makeo Georges

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