À Musienene, Kasereka Sulemani valorise l’artisanat local en se lançant dans la fabrication de tuiles

Certains citoyens se tournent vers l’entrepreneuriat local pour répondre au besoin de la communauté. C’est le cas de Kasereka Sulemani, habitant de Musienene en territoire de Lubero. Il s’est lancé dans la fabrication artisanale de tuiles, après avoir profité d’une formation de poterie chez les pères Croisier à Mulo. Une initiative pour valoriser son savoir-faire mais qui a rencontré des difficultés financières pour son amélioration.

Kasereka Sulemani, une bonne trentaine d’années à la peau noire. Il est de taille moyenne, avec une corpulence normale et pas élancée, habitant de Musienene en territoire de Lubero, plus ou moins 15 kilomètres au sud de Butembo. Il faisait fonctionner une petite usine de fabrication artisanale des tuiles. Son objectif était plus que pratique. Contourner la difficulté pour les tôles à ne pas résister au feu et à la fumée.

« Mon objectif était de fabriquer des tôles avec de l’argile qui résistent au feu et à la fumée. J’avais aussi l’objectif de former d’autres jeunes à ce métier parce que je peux me fatiguer à cause de l’âge », a-t-il expliqué.

Ses clients venaient presque de partout, y compris de Butembo. Mais l’usine n’a pas survécu parce que les intrants coutaient plus chers que les produits finis.

« Je vendais des tôles en argile mais par manque de moyens, l’usine n’a pas bien évolué. Mes clients provenaient de Lukanga, Kimbulu et de Butembo, Mutiri et Katwa. L’argent était insuffisant après la vente et même pour l’achat des matériels comme l’huile de palme, les bois de chauffage, du pétrole et l’huile moteur pour que ces tôles en argile « vingai » soient cuites », a-t-il ajouté.

Kasereka Sulemani est prêt à redémarrer cette activité. Mais il est confronté à plusieurs difficultés. Il a besoin de l’aide pour acheter une nouvelle parcelle dans laquelle extraire de l’argile de bonne qualité.

« Je demande aux bonnes volontés de m’aider avec une parcelle où je peux trouver de l’argile pour redémarrer l’usine qui n’est pas fermée », a-t-il plaidé.

Il employait une main-d’œuvre de 25 personnes parmi lesquelles quatre travaillaient à la machine, quatre dans le hangar et quatre autres s’assuraient de malaxer correctement l’argile pour qu’il n’y ait pas des caillasses.

Philippe Makomera

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