Paix en RDC : Kasekwa doute de l’efficacité des pourparlers de Doha et du dialogue national

Les acteurs politiques et membres de la société civile continuent à argumenter sur ce que peuvent être les résultats dans la résolution de la crise au pays. Lors de son intervention sur Télé 50 le jeudi 10 septembre 2026, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, cadre du parti politique Écidé de Martin Fayulu, trouve que la tenue d’un dialogue à Kinshasa et la poursuite des négociations avec l’AFC-M23 à Doha ne peuvent jamais conduire la RDC à la paix.

Il suggère qu’on annule les négociations de Doha et qu’on invite l’AFC-M23 à la table du dialogue afin de permettre à toutes les forces congolaises de connaître les vraies revendications de cette rébellion qui insécurise l’Est du pays.

Jean-Baptiste Kasekwa explique que l’accord de Doha sera plus contraignant que le pacte national pour la paix qui sera issu du dialogue inclusif. Cet acteur politique montre que l’accord de Doha a le soutien des partenaires internationaux comme la Suisse, les USA, le Qatar, l’Union africaine. Bref, cet accord sera un outil de pression sur le gouvernement congolais, affirme-t-il.

« L’accord de Doha aura été signé au bout du canon, au bout du fusil, avec un mouvement armé qui contrôle des territoires entiers. Et dans ces accords-là vont figurer plusieurs protocoles, relatifs notamment aux modalités du rétablissement de l’autorité de l’État sur les provinces et les territoires occupés. Et donc, c’est un outil de pression dont il dispose. Bref, ce sera un accord beaucoup plus contraignant alors que le pacte de Kinshasa, dit Félix, sera remis aux institutions compétentes pour que le président de la République exécute les conclusions qui relèvent de sa compétence, le Parlement exécute les conclusions du pacte qui relèvent de sa compétence, le gouvernement exécute également celles qui relèvent de sa compétence. Pas de caractère contraignant, les participants au dialogue vont retourner dans leurs quartiers, mais Doha s’impose », a-t-il démontré.

En raison de tout cela, Jean Baptiste Kasekwa plaide pour la fusion de deux processus afin que tout le monde soit au courant des agendas de l’AFC-M23, une émanation du Rwanda. La présence de cette rébellion dans le dialogue sera capitale afin que leurs revendications soient nettoyées par tous les participants pour l’intérêt du peuple congolais, conscientise Jean-Baptiste Kasekwa.

« Raison pour laquelle je pense que pour gagner le temps, au lieu de prolonger inutilement le calvaire de ces populations, acceptons de fusionner le processus de Kinshasa et celui de Doha. Ensemble, forces politiques, sociétés civiles, avec les gens de l’AFC, nous allons voir quel est l’agenda du Rwanda, que portent ces gens-là, parce qu’aucun Congolais digne de ce nom ne va accepter des agendas contraires aux intérêts du Congo. Et ensemble, si nous trouvons que l’AFC/M23 persiste, on va faire un front commun, on va construire la cohésion nationale. Par cette cohésion, nous allons mobiliser davantage les partenaires pour des sanctions contre le Rwanda, contre l’AFC/M23 », a-t-il suggéré. 

Parlant de l’accord de Washington, Jean Baptiste Kasekwa pense que le peuple congolais avait été largement floué par les mauvaises négocions du régime de Kinshasa. Sur tous les terrains, le Rwanda et les États restent les gagnants parce que ces pays exploitent déjà les minerais pendant les congolais restent assujettis par l’armée rwandaise à l’Est du pays.

Jean-Pierre Kilumbiro

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