Butembo : libération de Assa Mahamba, la LUCHA salue la décision et interpelle sur la perception du militantisme
Après près d’un an de détention au cachot de l’ANR à Beni, Assa Paluku Mahamba est désormais libre. Sa libération réjouit les mouvements citoyens, notamment la Lucha. Jean-Pierre Kasma, militant du Mouvement citoyen Lutte pour le Changement, LUCHA-Butembo, rappelle que les militants ne devraient pas être pris pour cibles, seulement pour avoir dénoncé la mauvaise gouvernance.
Se confiant à Radio Moto Butembo-Beni ce vendredi 23 octobre 2026, au lendemain de la libération de Assa Mahamba, Jean-Pierre Kasma, militant de la LUCHA, a salué une victoire obtenue grâce à une mobilisation à tous les niveaux. Il regrette que les autorités s’en prennent ces derniers temps aux militants au lieu d’assumer leurs responsabilités. Selon lui, les dénonciations des activistes devraient plutôt interpeller les dirigeants sur leur façon de gérer la chose publique.
« Les militants ne devraient pas être pris pour cibles par les autorités pour avoir dénoncé ce qui ne marche pas« , a-t-il déclaré, tout en précisant que la lutte va se poursuivre pour obtenir également la libération de Clovis Mutsuva.
« Cette libération nous réconforte mais nous met dans l’obligation de continuer pour que non seulement Clovis soit libéré mais aussi que cette poursuite, cette calomnie à l’endroit des activistes sous n’importe quel prétexte soit éliminée. Parce qu’aujourd’hui il suffit de critiquer la mauvaise gouvernance dans laquelle nous vivons pour être assimilé à un collaborateur, collaborateur, alors que la réalité est là, il y a une mauvaise gouvernance qui s’est déjà installée au Nord-Kivu et au pays en général « , a indiqué Jean Pierre Kasma.
Aux militants, ce cadre de la LUCHA les encourage à poursuivre la lutte pour le bien-être de la population. Cependant, reconnait-il, cela doit se faire dans le respect des lois de la République.
« Aux militants, la recommandation est simple : nous sommes des activistes ou des citoyens engagés et qui dit citoyen sous-entend respect des lois, des devoirs et des droits, donc nous devons respecter la loi. Dénoncer que ça ne va pas, un problème quelconque ne signifie pas… On peut dire par exemple que nous avons droit à de bonnes routes et pour arriver à ces bonnes routes nous pensons qu’on peut faire ceci, on peut dire simplement ça. Donc les militants doivent se limiter à dénoncer », recadre ce cadre de la LUCHA.
Pour rappel, Assa Paluku Mahamba, ancien militant du mouvement « Jeunes Patriotes de Butembo », avait intégré les groupes d’autodéfense Wazalendu avant de servir comme mobilisateur au sein de la Réserve Armée pour la Défense de la Patrie (RAD) pour le compte de la province du Nord-Kivu. C’est après avoir démissionné de ce poste, tout en continuant à œuvrer comme Muzalendu, qu’il avait été arrêté et incarcéré. Le motif officiel de son arrestation n’a jamais été rendu public. Toutefois, certaines sources indiquent que son arrestation serait liée à une présumée collaboration avec un groupe Wazalendu basé à Muhola. Ce groupe avait refusé de se rallier à la synergie Wazalendu Front Grand-Nord. D’office, le groupe avait été considéré comme ennemi de la paix.
Joelle Mwengevalwahi