Beni : 4 morts dans une attaque armée à Bashu ; la société civile hausse le ton
Des hommes armés ont de nouveau tué 4 personnes et blessé une autre en chefferie des Bashu dans le territoire de Beni (Nord-Kivu). Les faits ont vécu le soir de lundi 28 juin 2022. Navrée, la société civile pointe la présence des militaires à cette barrière à la base de l’attaque.
Les faits se sont déroulés précisément à la barrière de péage route en localité de Butuhe, chef-lieu du groupement de Malio. C’était à 18 heures de lundi.
Parmi les victimes de cette attaque, un militaire des Forces armées de la république Démocratique du Congo (FARDC). Il s’agit de l’adjudant Samatutu Mukendi à coté de trois civils : Kambale Mukinga Timona et Paluku Kitsama Emery, tous habitants de Kantine en groupement Baswagha-Madiwe. Le troisième, un habitant de Vurondo, s’appelle Mumbe Kimbwa Jacques.
Cette attaque, la deuxième à l’espace de deux mois, inquiète la société civile de Butuhe. Maître Maombi Kahongya, président de cette structure citoyenne pense que la présence des militaires FARDC à cette barrière vers les heures vespérales est à la base de cette insécurité.
« Ces militaires ont été amenés ici pour veiller sur les agents de la SODEC qui travaillent à la barrière. Il est ainsi demandé que lorsque ces agents partent, que ces policiers ou militaires partent aussi. Mais on se désole qu’après le départ des agents de la SODEC, eux restent ici pour rançonner la population. Pire encore, ils font payer plus que ce que la SODEC exige à la population, et cela, jusque pendant la nuit », a-t-il accusé.
Interrogé au lieu du drame, le chef du groupement Malio regrette la perte de ces quatre citoyens. Toutefois, Kasereka Musangania Bwanandeke III reconnait que la population se lamente de la tracasserie dont elle est victime de la par des militaires FARDC pendant les heures vespérales. Il note que ces cris sont parfois remontés à la hiérarchie militaire afin d’appeler ses éléments à l’ordre.
« Il est quand même vrai que l’attaque est survenu lorsque les militaires se préparaient à rentrer dans leurs camps… Mais, rassurez-vous qu’il nous arrive de tenir des assises avec les responsables de l’armée pour leur parler des indignations de la population », a-t-il lancé.
Après le constat des autorités civiles, militaires et policières, les corps de trois civils ont été remis à leurs familiers. Entre temps, les militaires se sont chargés du corps de leur compagnon d’arme.
Kakule Kilumbiro & André Mulyama