RDC : l’Évêque de Butembo-Beni favorable au départ de la MONUSCO

L’Évêque du diocèse de Butembo-Beni note qu’il est élégant pour toute personne sérieuse de se retirer du coin où elle n’est plus la bienvenue. Au cours d’une interview avec RADIOMOTO.NET, mercredi 27 juillet 2022, Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech a ainsi répondu à la question de savoir s’il faut que la MONUSCO parte maintenant. Pour lui, l’activisme du M23 dans le Rutshuru est l’une des preuves suffisantes pour comprendre la passivité de la mission onusienne.

L’Évêque de Butembo-Beni entame son intervention en appelant le Gouvernement à s’impliquer dans cette affaire avant de voir le vase être débordé.

« On peut même imaginer le pire quand le verre est rempli. Ca n’étonnerait qu’un jour l’on voit toute la cité qui se lève, y compris même les gens les plus insoupçonnés… S’ils voient qu’ils n’ont plus de place ici, pourquoi ils resteraient ? Ils devraient quand même dire non. Il ne faut pas qu’ils obligent la population à en arriver là. Ça devrait être quelque chose qui se fait selon les accords. Donc, une attente au sommet : l’ONU et l’Etat »¸ a-t-il argumenté.

Le Pasteur de l’Eglise de Butembo-Beni reconnait que la décision pour la MONUSCO de quitter le pays revient au Gouvernement. Pour Monseigneur Sikuli, le Gouvernement doit décider sur base de l’évaluation de la MONUSCO qui est présente dans une contrée où massacres et enlèvements des civils s’enregistrent au jour le jour.

« Ils doivent faire, je suppose, régulièrement l’évaluation de la situation en tenant compte de ce que nous endurons nous qui sommes ici depuis 20 ans qu’ils sont dans la région. Si on n’a pas vu de changement, est-ce qu’il faut les applaudir ? Le bien qu’ils ont fait, on le reconnait, mais là où ils ont failli, on peut induire des souffrances qu’on continue à subir en dépit de ce qu’ils donnent comme définition de leur mission, la protection des civils. Les civils continuent à être tués« , a-t-il poursuivi.

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech brandit l’activisme du M23 dans le Rutshuru comme un autre élément qui peut éclairer une évaluation objective de la mission onusienne.

« Nous ne savons pas par exemple comment et jusqu’où ils se sont impliqués dans ce qui se passe à Bunagana. Que des M23 qu’ils connaissent très bien aient occupé comme ça une frontière pendant des jours. Madame Keita a parlé elle-même de leur équipement qui est très performant, je ne sais pas si c’est vrai ou faux. On a vu même dans les réseaux sociaux la MONUSCO qui rebrousse chemin, au lieu d’accompagner les FARDC« , se désole l’ordinaire du lieu.

Le samedi 23 octobre 2021, l’Evêque de Butembo-Beni avait dit au Secrétaire général adjoint de l’ONU que les FARDC et la MONUSCO sont décidément impuissantes de mettre fin aux massacres des civils. Lors d’une audience à l’évêché de Butembo-Beni, Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech a montré à Jean-Pierre Lacroix et sa suite une trentaine d’images de personnes massacrées dans le Beni-Ituri.

Patient Akilimali

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