Butembo : « Le handicap physique n’est pas synonyme de la mendicité, mais plutôt une motivation pour travailler » (Ndungo Jean-Marie)
« Le handicap physique n’est pas synonyme de la mendicité, mais cela doit constituer une force pour travailler et réaliser des projets au sein de la communauté ». C’est la conviction de Muhindo Ndungo Jean-Marie, appareilleur-orthopédiste au Centre pour handicapés Heshima Letu sis en ville commerciale de Butembo. Cette personne vivant avec handicap physique au niveau de la main s’est confiée, le mardi 4 juin 2024, à RADIOMOTO.NET.
C’est depuis 1996 que Muhindo Ndungo Jean-Marie est appareilleur orthopédiste, c’est-à-dire fabricateur des souliers pour handicapés, au centre Heshima Letu œuvrant en cellule Londo.
Marié et père d’une famille de quatre enfants, Muhindo Ndungo Jean-Marie, connu sous le sobriquet de JM, note que la fabrication des souliers est faite dans l’atelier selon le handicap que présente un patient.
Il parle de la confection des orthèses au niveau local et l’ajout de quelques centimètres sur les souliers du patient qui présente un raccourcissement du pied. Des matériels utilisés sont achetés en ville de Butembo et dans d’autres villes du pays, à l’instar de Goma.
« Nous fabriquons selon la blessure de chaque patient. Si quelqu’un a un raccourcissement, nous ajoutons sur son soulier cinq centimètres pour qu’il y ait équilibre. La moitié des matériels sont sur le marché à Butembo. Les fers à béton, des boucles, proviennent de Kampala et nous les achetons au centre-ville de Butembo. Le cuir, le fer plat et d’autres matériels, si nous n’en avons pas, nous faisons la commande à Goma, voire ailleurs. C’est comme cette orthèse, nous n’avons pas de machine pour l’adapter, si nous ne sommes pas capables, nous allons envoyer le propriétaire à Goma », a-t-il déclaré.
Muhindo Ndungo Jean-Marie démontre ainsi que ce métier est rentable. Il regrette que certains handicapés physiques s’adonnent à la mendicité en lieu et place d’apprendre des métiers pouvant les aider à répondre à leurs besoins. Ce dernier présente alors un handicapé comme une personne capable.
« Ce métier au côté de l’agriculture m’aide bien. Depuis longtemps, si on dit que quelqu’un vit avec handicap, dans la plupart de cas, il pense que son quotidien sera de quémander, mais ce n’est pas ça ! Les personnes vivant avec handicap sont aussi capables de travailler. Il y a plusieurs métiers, et l’essentiel est de travailler. Beaucoup de gens se sont habitués à quémander, parce que ceux que nous formons, après une voire deux semaines, en voyant l’argent encaissé et déposé au bureau, ils veulent qu’on leur donne déjà quelque chose. Mais on lui dit de patienter et il reste directement à la maison », a-t-il démontré.
En ville de Butembo, certaines personnes vivant avec handicap se sont investies dans certains métiers d’entrepreneuriat. D’autres, par contre, ont décidé de passer dans des boutiques, magasins et galeries en train de quémander.
Glodi Mirembe