Beni : certains déplacés de guerre contraints d’abandonner leurs récoltes suite à l’activisme rebelle

Alice Feza, 19, and Jeanne Nyirarwango, 64, the grandmother of her husband Elie Destin, sit near their tents in the Kanyaruchinya site for displaced people, north of Goma, North Kivu, in the Democratic Republic of Congo, on 6 January 2024.

La petite accalmie sécuritaire observée au cours des derniers mois dans la région de Beni a permis à certains déplacés de guerre d’accéder à leurs champs. Malheureusement, ils se retrouvent, de nouveau, contraints d’abandonner leurs récoltes et de regagner les sites qui les hébergent en commune d’Oïcha, suite à la résurgence des attaques des ADF. Certains d’entre eux, rencontrés par RADIOMOTO.NET le jeudi 19 décembre 2024, expriment leur désespoir face à la situation, alors qu’ils espéraient enfin retrouver une vie normale.

Marie Tselimba, déplacée de guerre logeant au site de Luvangira, a dû quitter son champ après les récentes attaques des rebelles. Sa vie avait retrouvé son cours normal lorsqu’elle accédait à son champ, qu’elle avait abandonné en raison de l’activisme des ADF. La joie de Marie n’a été que de courte durée.

“On accédait déjà à nos champs. Mais aujourd’hui ce n’est puis possible à cause de l’insécurité. On cultivait et on trouvait facilement de la nourriture. On pouvait répondre à certains de nos besoins. Mais la peur est perceptible dans nos champs alors qu’on pensait avoir recouvré la paix”, a-t-elle regretté. 

Marie Tselimba se retrouve, à nouveau, dans une situation d’incertitude. Elle ne sait plus comment nourrir ses enfants ni honorer leurs factures de soins suite à cette situation. Elle se dit désespérée, alors qu’elle croyait avoir laissé le calvaire derrière elle. 

“Le calvaire est là, marqué par la famine et on ne sait plus vers qui se tourner. Cette petite accalmie sécuritaire permettait une certaine stabilité et on ne manquait de rien”, se rappelle-t-elle. 

Kavira Esther, quant à elle, vit sa première expérience dans un site de déplacés de guerre. Elle a abandonné son champ au PK20 après la dernière attaque des ADF et s’est installée pour la première fois de sa vie dans un site. Elle traverse un véritable calvaire avec ses enfants et plaide pour le rétablissement de la paix.

“Nous avons abandonné nos champs suite à la peur. On vivait bien avant l’attaque ADF au PK20. Nous avons tout abandonné. Nous voulons la paix. Les enfants souffrent de la famine parce que nous n’accédons plus à nos champs”, a-t-elle exhorté. 

Il convient de noter que les rebelles ADF ont multiplié leurs attaques contre les civils depuis mi-novembre dernier. La société civile du territoire de Beni déplore la mort d’une vingtaine de civils depuis la résurgence des attaques de ces terroristes.                      

Samy Kitha    

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