Lubero : ces témoignages poignants des victimes du pillage par des militaires à Musienene

L'une des boutiques pillées par des militaires incontrôlés à Musienene dans le territoire de Lubero. Ph. Évariste Mwenge

Les dégâts commis par des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo à Musienene et environs, entre le jeudi 20 et vendredi 21 février 2025, sont incalculables. Les victimes affirment avoir été torturées, violées, criblées des balles et dépouillées de leurs biens dans leurs maisons et boutiques. 

RADIOMOTO.NET les a rencontrées ce mardi 25 février 2025. Tous pointent les porteurs d’armes indisciplinés qui ont fui les combats sur les lignes de front au sud du territoire de Lubero.

“(I) C’était jeudi. Nous sommes arrivés, ils ont crépité des balles. Ils ont forcé les portes et ont emporté des biens. D’autres biens ont été emportés en pleine journée, en crépitant des coups de feu dans l’agglomération. (II) J’ai été blessé. Je voulais juste fouir, en revenant de Musienene-Katolo. Je voulais me rendre à Musienene-État. En cours de route, j’ai rencontré des militaires. L’un m’a arrêté et l’autre a directement crépité un coup de feu dans ma cuisse. Ils ont emporté ma moto. J’ai pris les larges jusqu’à l’hôpital général de référence de Musienene”, ont-ils témoigné. 

Les victimes de ce vol des biens, viol des femmes et enfants demandent des punitions exemplaires à ces soldats “incontrôlés” qui, d’ailleurs, comparaissent dans un procès à Musienene. 

La justice militaire a d’ores et déjà ouvert un procès contre les présumés auteurs de ces actes de viol et pillage. À Musienene, la vie peine à redémarrer comme d’habitude. Certaines boutiques, officines pharmaceutiques, maisons d’habitation ont timidement ouvert leurs portes ce mardi. Les écoles maternelle, primaire, secondaire et institutions supérieures n’ont pas encore fonctionné. Même le nombre des chrétiens catholiques a sensiblement baissé pendant l’eucharistie matinale, témoigne le curé de la paroisse Sacré Cœur de Jésus de Musienene/Ivatama, le père Katembo Matumaini Faustin.

Évariste Mwenge

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