Allégeance du FPP/AP de Kabido au M23 : plusieurs combattants se retirent du groupe armé
De nombreux combattants se sont retirés du groupe armé Front de patriotes pour la paix-Armée du peuple (FPP/AP) après l’adhésion de leur leader au M23/AFC. Certains de ceux qui se sont opposés à la position du général autoproclamé Kaseraka Kasiano alias Kibido se sont rendus aux FARDC alors que d’autres hésitent encore en brousse. Radio Moto Butembo-Beni s’est entretenu avec quelques rendus de ce groupe armé et d’autres combattants présentés à la presse lundià Beni.
Détails avec Milan Kayenga depuis Beni
Deux combattants parmi ceux qui se sont opposés à l’adhésion du chef milicien Kabido se sont rendus aux FARDC. Ils justifient leur position par leur attachement à la patrie, a témoigné l’un d’eux.
« Quand notre leader a adhéré au M23, je me suis dit qu’il faut le fuir. Je ne peux pas travailler avec l’ennemi du Congo. Nos supérieurs disaient que Kabido est déjà acheté par le M23, mais avant, on les combattait. Nous sommes arrivés ici en 2, mais d’autres qui voulaient nous suivre sont encore en brousse », indique un ex-combattant du FPP/AP.
D’autres combattants rendus et présentés à la presse sont des Congolais qui auraient recrutés par ruse dans le M23. Cinq ont réussi à s’échapper à partir de Kitsombiro à Lubero. Celui qui s’est confié à notre micro indique avoir été recruté en Ituri.
« Nous avons été déployés au front à Mambasa, Kitsombiro, et c’est par ici que j’ai eu la chance de fuir. On faisait face au FARDC, FDLR et Wazalendo », indique un rendu du M23.
Deux autres jeunes garçons recrutés par l’ADF à partir de la Tanzanie ont été arrêtés à chemin, en voulant rejoindre leur leader en territoire de Mambasa. Leur motard également aux arrêts, avoue avoir collaboré avec les ADF depuis janvier en contre-patrie d’une somme d’argent évaluée à 400.000fc pour la course.
« J’étais obligé d’accepter leur demande parce que mon champ est vers leur bastion. Ça serait difficile pour moi d’y accéder. Je viens de les servir pendant 3 mois, donc depuis janvier. Ils m’appelaient souvent avant de m’envoyer. Je demande pardon parce que j’ai fait des histoires sans le savoir », se désole un collaborateur des ADF.
L’armée affirme qu’elle poursuit sans relâche les opérations de traque de tous les groupes rebelles dans le Grand Nord-Kivu et appelle la population à garder espoir. Elle tend également les mains aux combattants des groupes armés prêts à la reddition volontaire.