Nord-Kivu : la percée du M23/AFC à Goma et Walikale provoque un afflux de déplacés de guerre à Butembo (ISPRON) 

Marie Jeane, secrétaire exécutive de l'ISPRON en ville commerciale de Butembo. Ph : Esther Vwiravwahali/RMBB

La progression du M23/AFC à Goma et Walikale a augmenté le nombre de déplacés de guerre en ville de Butembo. L’Intégration sociale pour la promotion des nécessiteux (ISPRON) compte, à fin mars 2025, plus de 30.400 déplacés répartis dans 5.082 ménages. 

La secrétaire exécutive de l’ISPRON a confié ces chiffres à RADIOMOTO.NET ce mardi 25 mars 2025. À part Goma et Walikale, Marie-Jeanne explique que ces citoyens congolais viennent des territoires voisins de Beni et Lubero. 

Aujourd’hui, sa structure encadre un total de 16.471 femmes et 14.021 hommes qui font un total de 30.492 personnes. 

« Ces déplacés vivent certains dans des maisons de location payées la plupart par ISPRON et d’autres dans les familles d’accueil », confie Marie-Jeanne, qui poursuit que l’assistance aux déplacés de guerre n’est plus régulière. 

Aussi, le manque d’accès à l’emploi plonge les familles dans la pauvreté chronique. À ce niveau, la structure se félicite d’avoir initié la formation des travaux manuels en faveur de ses membres. 

Il y a des temps où on donne quelque chose s’il y a une bonne volonté qui nous tend la main. Mais quand il n’y a rien, nous disons aux déplacés qu’il faut aussi chercher des occupations, raison pour laquelle nous les réunissons chaque mardi. Nous donnons des orientations, nous leur apprenons quelques activités génératrices de revenus. C’est positif puisqu’il y en a quelques déplacés qui commencent à se débrouiller dans la vie, ça, c’est positif. Alors ce qui est de négatif, il y en a quelques déplacés qui n’arrivent pas à nos réunions. Ce sont ceux-là qui continuent à quémander par-ci par-là. Ils sont habitués à manger sans faire quelque chose. Mais ceux-là qui sont habitués à participer à nos réunions, vraiment, il y a un grand changement qui se voit”, a-t-elle déclaré. 

Marie-Jeanne reconnait l’aide des personnes de bonne volonté, évoquant le secteur sanitaire. Elle félicite ainsi l’accompagnement de plusieurs structures sanitaires telles que Tulizeni, FEPSI et autres. Elle indique que loin de réduire le cout des soins, certaines structures libèrent gratuitement les déplacés de guerre. 

Pour les malades, nous avons les structures sanitaires qui réduisent quand même la facturation. Il y en a celles-là aussi qui, par pitié aux déplacées, les libèrent gratuitement comme à Tulizeni. Celles-là qui étaient violées et qui sont internées à FEPSI, on les libère aussi très bien. Vraiment, nous remercions les sœurs de Matranda. Il y en a celles-là qui sont toujours internées à Matranda. Il y en a d’autres qui sont internées dans des structures sanitaires et qui n’ont pas les moyens de sortir des hôpitaux. Alors, quand nous avons l’information, on doit y aller. S’il n’y a pas moyen que les déplacés soient libérés là-bas, on plaide pour ces déplacés de guerre, on les libère, nous disons que nous avons une adresse. On amène quelque chose à compte goûte et on nous comprend quand même facilement. Nous remercions vraiment les responsables des structures sanitaires. Et malgré ces facturations, ils nous comprennent vraiment”, a-t-elle remercié. 

Malgré ces efforts, l’ISPRON note que la solution à long terme réside dans l’amélioration des conditions de sécurité dans la région et la stabilité politique.

Esther Vwiravwahali

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