Lubero : la société civile dénonce des tracasseries accrues des porteurs d’armes contre les habitants
Vue du rond point la Gombe au centre commercial du territoire de Lubero. Septembre 2023. Ph. Marc Maro Fimbo
La société civile noyau de Lubero dénonce les tracasseries commises contre les habitants par les hommes porteurs d’armes à feu. Son président l’a dit vendredi 4 avril 2025.
De nombreux téléphones et de l’argent sont ravis quotidiennement pendant les heures vespérales. Jackson Mumbere Vahalwire ajoute qu’il ne se passe plus une nuit sans que des coups de balles se fassent entendre dans différents quartiers. À cela s’ajoutent de nombreuses autres violations de droits humains, déplore cet acteur de la société civile de la commune de Lubero.
« La commune de Lubero n’est pas sécurisée pour le moment parce que ça fait seulement plus d’un mois qu’il ne se passe plus une nuit sans qu’on attende des coups de feu par-ci par-là. Dans les quatre quartiers de la commune. Ça, qu’on attende que telle maison a été cambriolée par des hommes porteurs d’armes. Ça, qu’on attende, que des téléphones et de l’argent ont été ravis par des hommes armés. Ça qu’on attende que dans tel coin, malheureusement, des femmes ont été victimes de violences sexuelles. Ça qu’on attende de tel ou tel autre côté, les gens ont été victimes de toutes sortes de braquages qui puissent exister. En tout cas, c’est ce que nous vivons au quotidien », regrette Jackson Mumbere Vahalwire.
Il supplie les FARDC et les éléments de l’UPDF d’intensifier les patrouilles nocturnes surtout dans les périphéries et l’autorité territoriale de Lubero de bien éclaircir la population sur l’identité des auteurs de ces tracasseries à ce moment où la commune de Lubero, chef-lieu du territoire portant le même nom, est gérée par 4 différentes forces. Il s’agit de l’UPDF, des Wazalendo, les FARDC et la PNC.
« Nous demandons aux autorités qui nous gèrent, surtout à l’administrateur de territoire et même aux autorités militaires, surtout le commandement du Front Nord, de nous éclaircir, d’éclairer les lanternes des civils pour qu’on ait au moins une idée de savoir qui gère réellement les armes dans la commune de Lubero. Parce que pour le moment, il y a une grande confusion. Et toutes les fois qu’il y a des problèmes liés aux porteurs d’armes, on ne sait pas vous adresser aux Wazalendo, ils disent bon, nous, on ne sait pas, tout le monde dit je ne sais pas. Alors, on ne sait pas entre ces quatre types de porteurs d’armes qui gèrent réellement les armes dans la commune de Lubero. Et nous demandons vraiment aux autorités de nous aider à ce point pour que nous ayons quelqu’un à qui nous pouvons chaque fois nous adresser toutefois que ça ne va pas dans la commune, surtout par rapport au cas de cambriolage », appelle-t-il.
Pour rappel, lors de la dernière avancée du M23, la commune de Lubero était devenue le dernier verrou pour défendre le reste du Grand-Nord. Toutes les forces qui repliaient du front sont toujours dans cette commune. Cela créerait une confusion dans la sécurisation même de l’entité, indiquent certains analystes.
Justin Kasembo