Accord de paix RDC-Rwanda : Nicaise Kibel’Bel identifie 4 points de blocage

Les États-Unis d’Amérique (USA) affirment avoir reçu les propositions du Rwanda et de la RDC pour un éventuel accord dans le cadre de la restauration de la confiance entre les deux nations et de la paix dans la sous-région de Grands-Lacs. Mais qu’est-ce qui a bloqué la signature de l’accord pour le 02 mai dernier ? Le journaliste et chercheur Nicaise Kibel’Bel a pu identifier 4 points de blocage. 

L’histoire récente date de lundi 05 mai 2025. Ce jour, Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique à la Maison-Blanche, a salué le projet de proposition de paix reçu de la RDC et du Rwanda. 

Selon lui, ceci constitue une étape importante vers le respect des engagements pris dans la Déclaration de principes signée le 25 avril dernier à Washington par les deux pays. La Déclaration prévoyait la signature de l’accord pour le 02 mai dernier, mais cela n’a pas été possible à cause des divergences entre les délégations. 

Nicaise Kibel’Bel Oka, journaliste, directeur du journal Les Coulisses et spécialiste des questions de sécurité, de défense et terrorisme en Afrique centrale parle d’au moins 4 points qui ont bloqué les processus. 

Jusqu’aujourd’hui, la date de la signature de cet accord n’est pas fixée. Même après ce projet déposé ce lundi à Washington, on parle d’une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de deux pays dans environ 3 semaines sans aucune certitude. Nicaise Kibel’Bel explique les points qui ne permettent toujours pas un compromis.

“Le premier point, c’est la souveraineté nationale et le respect de l’intégrité de la RDC. Sur ce point, même le Rwanda reconnaît le principe fondé sur l’inviolabilité des frontières, sur le papier. Mais le Rwanda soulève deux cas. Le Rwanda dit, c’est bien, moi, je n’ai pas besoin d’être sur le sol congolais. D’ailleurs, je n’y suis même pas, mais mon problème, c’est d’abord la minorité Tutsi qui est en voie d’extermination au Congo et j’ai l’obligation de la protéger. Le deuxième point que le Rwanda soulève, c’est le point des réfugiés Tutsis, plus ou moins 100 000 qui sont au Rwanda et que la RDC, depuis tous les gouvernements, Kabila père, Kabila fils, et aujourd’hui Tshisekedi refuse de les rapatrier. Alors, le point B, c’est le retrait des soldats rwandais du sol congolais. Sur ce point-là aussi, le Rwanda nie ouvertement avoir envoyé son corps expéditionnaire au Congo. Donc pour le Rwanda, il n’y a aucun soldat rwandais sur le sol congolais. Le troisième point, c’est qu’il faut que le Rwanda arrête le soutien au M23. Sur ce point-là aussi, le Rwanda, qui nie tout, ne reconnaît pas avoir apporté un soutien au M23. Le quatrième point, la RDC est obligée de présenter le plan de neutralisation des FDLR. Donc pour le Rwanda, les FDLR sont au Congo, les FDLR sont là pour perpétrer un deuxième génocide”, a-t-il épinglé. 

Malheureusement, poursuit-il, la situation se détériore sur terrain. Le M23 continue de gagner du terrain, de recruter dans les zones occupées, de renforcer ses positions et la population souffre davantage. Récemment, il s’est emparé de la localité de Lunyasenge le long du lac Edouard, en territoire de Lubero. 

Pour leur part, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affirment respecter le cessez-le-feu décrété afin d’accorder une chance à ces processus de paix de Doha et Washington.     

Stanley Muhindo

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