Beni : des centaines de ménages des déplacés de guerre affluent le village lacustre de Kyavinyonge
Plusieurs centaines de ménages des déplacés de guerre ont afflué le village lacustre de Kyavinyonge, en territoire de Beni. Ils proviennent des pêcheries situées sur la côte ouest du lac Edouard, en territoire de Lubero, qui fait face, ces derniers temps, à des turbulences sécuritaires. Ces vulnérables ressentent et expriment un besoin d’une assistance humanitaire.
Kahindo Kazi, 57 ans, ménagère, mère de famille ; a fui son village de Kisaka, sur la côte ouest du Lac Edouard. Elle est 13ᵉ, sur une longue file indienne devant le bureau de la société civile de Kyavinyonge. Elle vient se faire enregistrer, avec espoir de bénéficier, un jour, d’une assistance humanitaire.
“Nous avons des enfants, fils et garçons. Nous avons fui avec les autres déplacés que nous venions, à notre tour, d’accueillir dans nos villages. Parmi eux, il y a des écoliers et élèves. Nous plaidons pour qu’ils soient admis dans des écoles ici. Les cours sont perturbés dans le milieu d’origine”, a-t-elle émis le vœu.
Parmi les déplacés, certains sont pêcheurs de profession. Mumbere Wilema Jimmy, lui, a quitté la pêcherie de Lunyasenge avec sa famille. Ce matin, sur la plage, à côté de sa pirogue, il arrange ses filets et se préparer à aller chercher du poisson dans le lac. Il essaie de se réintégrer dans la communauté.
“J’ai repris les activités de pêche que je faisais dans mon village. C’est pour essayer d’avoir un peu de sous pour répondre aux besoins de ma famille. Aujourd’hui, la pêche n’est plus rentable, mais on essaie de se débrouiller quand même”, s’est-il expliqué.
Pendant ce temps, l’heure est à l’enregistrement des déplacés. La société civile qui a reçu cette tâche, décrie les conditions de vie de ces déplacés qui constituent une surcharge sociale aux familles d’accueils qui vivent difficilement.
“Comme hier, nous avons enregistré 700 déplacés internes qui sont venus de Lunyasenge. Et le nombre augmente de jour en jour. Oui, on avait déjà accueilli 2000 avant. Ils sont accueillis dans des familles. Ce sont aussi des familles misérables. Cet afflux de déplacés a plongé la population dans une psychose”, s’est désolé Kasereka Kithehi Jerlas, vice-président des forces vives locales.
Cet afflux des déplacés a plongé la population de la pêcherie de Kyavinyonge dans une psychose. Le chef des villages, Muhindo Kidumu Makoma, a garanti sa population quant aux dispositifs mis en place pour assurer leur sécurité.
Siku Provinces