Butembo : des acteurs politiques misent sur Washington pour apaiser la crise RDC-Rwanda
Les délégations Congolaise et Rwandaise doivent rejoindre Washington, capitale américaine, cette semaine. C’est dans le cadre du processus de paix entre les deux pays, au regard de la rédaction du 2ᵉ projet d’accord à soumettre à l’appréciation de deux belligérants signature. À Butembo, les acteurs politiques comptent sur le sérieux dans ce processus.
La signature d’accord de paix est conditionnée par le retrait inconditionnel des militaires rwandais ainsi que leurs armes et leurs équipements de zones sous leur contrôle. L’autre condition est la levée de l’état de siège au Nord-Kivu en vigueur depuis 2021.
Commentant le fait, Fabrice Kasondoli d’Ensemble pour la République, un parti de l’opposition, pense que ces conditions prouvent en suffisance que les congolais de zones conquises par le M23 vont devoir patienter, car les discutions entre les deux délégations risquent de prendre un bon bout de temps. Il compte cependant sur la qualité du médiateur et lui demande de s’imposer en cas de blocage.
“Lorsqu’on pose énormément de conditions comme celles-là, donc les populations des zones occupées vont devoir encore attendre trop longtemps pour voir cette paix à laquelle nous espérons tous. Mais, s’il faut accorder un minimum de crédit à ce processus de Washington, je crois qu’il y a quand même un peu de sérieux par rapport à la médiation. Le médiateur, c’est quelqu’un qui peut s’imposer. Nous sommes convaincus que les États-Unis peuvent intimer des ordres aux deux protagonistes. Effectivement, lorsqu’on demande par exemple le retrait des militaires rwandais, même si Kagame ne peut pas prétendre qu’il n’y a aucun militaire sur le sol congolais, les photos sont là, les rapports sont là. Je crois que les États-Unis sont quand même les mieux situés pour imposer peut-être même la voie militaire et faire plier Kagame”, a-t-il opiné.
Pour sa part, Edgar Katembo Mateso du BUREC, parti membre de l’Union sacrée, la facilitation et la délégation congolaise doivent être prudentes pour ne pas tomber dans le piège du Rwanda. Il conseille aux délégués congolais d’exiger également un dialogue entre rwandais afin d’élaguer définitivement l’alibi rwandais de poursuivre les FDLR quand il agresse la RDC.
“Pour que le Rwanda se retire, lui-même pose beaucoup de préalables encore. Alors que dans le cadre de la pacification de la zone, on aurait souhaité également que par exemple la RDC ou alors les États-Unis exigent que le Rwanda accepte d’organiser un dialogue inter-Rwandais. Parce que toutes les fois que le Rwanda prend une position, il ne manque pas de montrer que les FDLR, c’est leur cheval de bataille pour vouloir justifier son agression contre le Congo”, a-t-il souhaité.
C’est depuis mars dernier que la RDC est engagé sur deux processus de paix. Le premier avec le Rwanda sous la médiation de Washington et le second avec le M23/AFC sous la facilitation du Qatar.
Stanley Muhindo