Lubero/Activisme ADF : plus de 1050 morts en un an à Bapere (Chef de secteur)
Un an après les premiers massacres de la population en secteur de Bapere particulièrement dans le village de Maikengwe, la population vit un cauchemar continuel. Des cas de tuerie ne cessent d’être signalés dans tout le secteur qui s’est vidé de plus de la moitié de ses habitants. Ce tableau sombre a été peint par le chef de secteur de Bapere lors d’une interview avec Radio Moto et Moto TV, le vendredi 13 juin 2025.
Macaire Sivikunula a fait savoir que jusqu’aujourd’hui, le nombre de personnes tuées par des présumés ADF a dépassé les 1050 morts. Le dernier cas a eu lieu le 07 juin dernier dans le site minier d’Angola où plus de 35 personnes ont été tuées et d’autres disparus.
Depuis une année, plus de 36.000 personnes déplacées vivent sans assistance à Mangurejipa, Kambau, Njiapanda, Biambwe et dans d’autres zones supposées sécurisées. Sur 13 centres de santé du secteur, 7 ont fermé leurs portes, sur 17 écoles primaires, 13 ont fermé et 9 écoles secondaires ont fermé sur 11, a précisé Macaire Sivikunula. Il croit aux opérations militaires déjà lancées par la coalition FARDC-UPDF afin de restaurer la paix.
“Le secteur, aujourd’hui, c’est comme une terre propice aux guérillas, parce que c’est la forêt. Il est difficile de pouvoir éradiquer ce phénomène très rapidement, mais il y a déjà des opérations militaires. Nous avons pu décrocher deux opérations. La première, juste au mois d’août, on a anéanti certains bastions. Et à ce moment où je vous parle, il y a deux semaines, nous sommes encore en pleine opération militaire. D’un coup, nos forces de défense et de sécurité, les FARDC, conjointement avec l’UPDF sont en train quand même d’anéantir certains bastions”, a-t-il précisé.
Macaire Sivikunula a profité de cette occasion pour appeler les agriculteurs, surtout ceux qui campent à l’intérieur du secteur pour des activités champêtres à revenir dans les agglomérations sécurisées pour ne pas être assimilés à l’ennemi pendant les opérations.
“Nos mamans, nos papas, qui sont encore à l’intérieur du secteur, ça serait prudent que les gens quittent l’intérieur, parce que lorsqu’on est en train d’attaquer ces gens, ils sont devenus comme des lions blessés et deviennent plus agressifs, et c’est imprudent, c’est vraiment dangereux de rester, s’exposer à l’intérieur. Je pense qu’entre les deux dangers, nous pouvons choisir le moindre. C’est lui de dire, bon, venons à Manguredjipa, on va mourir de faim, mais par la grâce et la solidarité, les gens peuvent quand même respirer, en attendant que l’intérieur des brousses soit nettoyé par l’armée”, a-t-il exhorté.
Il sied de rappeler qu’à date du 12 juin 2024, le secteur de Bapere a connu sa première attaque ADF. Au cours des opérations, ces tueurs ont ôté la vie à plus de 40 personnes à Maikengu.
Esther Vwiravwahali