Butembo : le PARDE peint un tableau sombre de la situation des enfants
Katembo Ngunza Joël, président du Parlement d'enfants à Butembo-Lubero. Ph. Esther Vwiravwahali
Le Parlement d’enfant Butembo-Lubero (PARDE) peint un tableau sombre de la situation des enfants en ville de Butembo ces derniers temps. Ngunza Joël, président de cette structure, s’est exprimé samedi 21 juin 2025 dans une interview accordée à la presse, lors des activités commémoratives de la journée internationale de l’Enfant africain.
Le Parlement d’enfants Butembo-Lubero indique que la guerre a poussé beaucoup de familles à se déplacer jusqu’à Butembo. Ici, ces compatriotes vivent difficilement, y compris les enfants. Une situation qui a occasionné plusieurs phénomènes dont la mendicité chez les enfants.
» Après le dynamisme des rebelles dans les alentours de notre ville, nous observons un grand nombre d’enfants déplacés qui arrivent dans la ville. Et leur arrivée crée plusieurs phénomènes, d’où le phénomène de la difficulté des enfants. Le deuxième phénomène, c’est la perte d’enfants. Ces derniers temps, c’est difficile de passer quelques jours sans attendre que, quelque part, un enfant a été perdu. Ces enfants déplacés, ils sont nombreux, et nous devons dire que la plupart d’entre eux ne vont pas à l’école parce qu’ils sont préoccupés de trouver les besoins primaires », a-t-il fait observer.
Le Parlement d’enfants craint les risques que courent ces enfants dans les rues. La structure demande ainsi aux uns et aux autres de veiller sur la protection des enfants malgré les défis actuels.
« Ces enfants quémandeurs, ils courent beaucoup de risques en fait. Déjà, ils sont privés à l’éducation. Également, c’est sous un soleil très ardent que ces enfants font cela. Ils posent également des risques d’écrasage. Tout ce que nous pouvons dire, c’est de demander à la conscience de tout et chacun que bien que nous sommes en situation de crise, les droits des enfants doivent être priorisés. Comme nous sommes en crise, cela ne signifie pas que c’est devenu normal que les enfants soient exploités. C’est devenu normal peut-être que les enfants deviennent des quémandeurs. Notre message est de rappeler à tout le monde que les droits des enfants doivent être protégés en priorité », a-t-il plaidé.
Comme autre piste de solution, Joël Ngunza propose la construction des maisons d’asile pour héberger ces enfants non accompagnés. Des enfants arrivés à Butembo viennent des régions de Beni et Lubero fuyant les massacres perpétrés par l’ADF, d’un côté, et l’activisme de l’AFC/M23, de l’autre. Ces déplacés vivent difficilement dans les familles d’accueil et des sites. Ce qui affecte la vie des enfants ayant fui avec leurs parents.
Joëlle Mwengevalwahi