Rutshuru : Près de 300 morts en moins d’un mois à Binza (CTJ)

Le conseil territorial de la jeunesse, CTJ Rutshuru, qualifie d’extrêmement alarmante la situation sécuritaire et humanitaire dans le groupement de Binza, en territoire de Rutshuru. Cette structure de la jeunesse dénonce entre autres des cas de tueries des civils et l’enrôlement forcé des jeunes au sein de l’AFC/M23.

Dans un communiqué rendu public dimanche 03 aout 2025, le conseil territorial de la jeunesse affirme avoir documenté près de 300 civils tués par le M23 en groupement de Binza depuis le 11 juillet 2025. « Au moins 296 personnes ont été exécutées sommairement dans les localités de Kiseguro, Katwiguru, Kisharo, Busesa, Congo et Kihito », lit-on dans ce communiqué.

Le document ajoute que les victimes sont ciblées en raison de leurs liens supposés avec les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, FDLR. « Ces exécutions ont été justifiées, selon les assaillants, par des prétendues affiliations des victimes aux FDLR ».

Et des victimes n’ont pas droits à un enterrement digne. Les restes de leurs corps sont abandonnés ou jetés dans la rivière « Des corps sans vie ont été jetés dans la rivière Rutshuru, d’autres ont été brulés dans les abris provisoires construits aux champs et de nombreux cadavres non enterrés sont en décomposition devenus la proie des cabochards », confie le CTJ Rutshuru.

Cette structure dénonce également l’enrôlement forcé des jeunes dans les rangs du M23, « estimés à plus de 315 personnes à Kisharo, Kwatwiguru, Nyabanira et Nyamilima ». Le cas le plus récent a été signalé à Ishasha, le 31 juillet 2025, où une cinquantaine de jeunes ont été recrutés de force. Il y a aussi des déportations des populations et l’interdiction d’accès aux champs dans l’un ou l’autre coin du territoire de Rutshuru.

Les rebelles du M23-RDF-AFC auraient contraint les populations des villages Nyabanira, Kasave, Kihito et Nyamitembe à quitter leurs habitations. « Ces familles chassées sont désormais en situation de déplacement, livrées à elles-mêmes, sans assistance humanitaire suffisante… », ajoute le CTJ Rutshuru.

Pour l’instant, aucune réaction de l’AFC/M23 à ces accusations de violation des droits humains. En attendant, le conseil appelle la communauté internationale dans sa diversité à ouvrir une enquête urgente et indépendante pour établir les responsabilités.

Rédaction

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