RDC : la LOFEPACO demande au ministre Nzangi de relever plusieurs défis dans le secteur agricole
L’agriculture en République démocratique du Congo et particulièrement au Nord-Kivu a plusieurs défis qu’il faut relever. Les organisations accompagnant les paysans dans la région demandent au nouveau ministre de l’Agriculture à redonner à l’agriculture ses lettres de noblesse, surtout en formant de techniciens dans chaque village. L’une de ces organisations est la Ligue des organisations des femmes paysannes du Congo (LOFEPACO), rencontrée par RADIOMOTO.NET ce samedi 16 aout 2025.
Par le biais de son animatrice principale, Kahambu Minda Gentille, la LOFEPACO affirme affronter plusieurs défis dans le domaine de l’agriculture. En dehors de l’insécurité qui sévit dans plusieurs territoires de l’Est du pays. Cette actrice de développement cite le manque les méthodes et des semences modernes qui ne permettent plus aux agriculteurs de produire. Elle parle également de l’absence des centres de collecte des produits pour les milieux éloignés de centres de consommations et l’absence de routes qui entrainent l’absence d’un marché pour les agriculteurs.
« L’agriculture moderne a réellement commencé parce que, même aujourd’hui, l’accès à la semence est amélioré. Il n’existe pas de structure qui dit qu’il y a de la semence améliorée. Nous n’avons pas de techniciens de l’État, à part les techniciens des organisations de développement. Donc, l’accompagnement du gouvernement n’est pas fort quant à cela. Même s’il y a des zones où il y a un peu d’accalmies, il n’y a pas de routes. Le défi des infrastructures : même si on produisait beaucoup de tonnes, on va stocker ça où ? Et si ça existe, la transformation aussi, la conservation, c’est un défi », a-t-elle démontré.
Minda Gentille invite le nouveau ministre de l’Agriculture à un engagement afin de faire du secteur agricole un autre grand pilier de l’économie nationale. Selon elle, il faut un accompagnement sans faille des agriculteurs et l’État doit lui-même avoir des champs pour nourrir sa population ainsi qu’encourager les quelques agriculteurs.
« Chez nous, l’agriculture est malheureusement perçue de manière négative, notamment à l’école. On la considère souvent comme une activité réservée à ceux de la « basse classe ». Par exemple, à chaque cours, on nous demandait de venir avec une houe, ce qui donnait une image punitive ou dévalorisante de l’agriculture. Pour changer cette perception et valoriser réellement le secteur agricole, il est important que le gouvernement mette en place des centres agricoles bien équipés, notamment des centres de recherche pour améliorer les semences et faciliter l’accès aux semences améliorées. Il faudrait aussi créer des fermes modèles ouvertes à la population, pour que chacun puisse voir concrètement le potentiel de l’agriculture. En outre, des projets de soutien aux organisations locales de développement doivent être mis en place, avec un réel accompagnement technique. Aujourd’hui, le manque de techniciens agricoles relevant directement du gouvernement reste un problème majeur », a-t-elle renchéri.
Toutes ces recommandations constituent un plaidoyer des organisations paysannes qui affirment se heurter contre plusieurs obstacles sur terrain quad, elles accompagnent les paysans. Elles s’adressent donc à Muhindo Nzangi, récemment nommé ministre de l’Agriculture. Cette dernière, qui apparait dans le discours de plusieurs dirigeants, traine pourtant à démarrer pour redevenir l’un des principaux piliers de l’économie congolaise.
Stanley Muhindo