Lubero – Carnage à Ntoyo : Mgr Sikuli qualifie les faits d’anormaux et s’interroge sur le rôle des services de sécurité

L’évêque du diocèse de Butembo-Beni qualifie d’anormaux les massacres de Ntoyo dans le secteur de Bapere. Monseigneur Sikuli Paluku rappelle que personne ne peut tuer un homme au nom de Dieu. L’Ordinaire du lieu s’est exprimé au sortir de la messe d’ordinations diaconale et sacerdotale à la Cathédrale diocésaine.

Au cours d’une interview accordée à la presse, l’Évêque parle d’une catastrophe produite dans une zone pourtant censée être protégée par les services habilités. Monseigneur Sikuli se demande qui de tous ces services a failli ou peut avoir agi en connivence avec l’ennemi qui a tué plusieurs dizaines d’habitants.

« C’était une véritable catastrophe, et on se demande d’où continue à venir tout cela, parce que ce n’est pas normal avec tout ce que nous avons comme ceux qui doivent maintenir la sécurité. Il y en a beaucoup et on ne sait pas qui est le bon », s’inquiète l’Ordinaire du lieu.

Ce prélat catholique croit que les Forces armées de la RDC, qui ont la mission de défendre le territoire, devraient s’investir dans la capacitation de certains de leurs partenaires avant de s’engager dans la traque des ennemis. Monseigneur Sikuli Paluku craint que ces milices se transforment en des bandits.

« On ne devrait pas, à mon sens, avoir autant de milices. On en a pas besoin, parce qu’il y en a qui n’ont pas été formés pour ça. Il y en a qui peuvent en profiter pour exercer leur banditisme, parce que je doute que toutes ces gens dont vous parlez aient été formés pour protéger la population », a-t-il lancé.

Réagissant à la revendication de l’attaque par l’Etat islamique, l’évêque de Butembo-Beni recommande des enquêtes crédibles afin de ne pas mettre en danger d’autres croyants qui professent le vrai Islam.

« Il faudra qu’on fasse des enquêtes sur tout cela. Et ce sera dommage si jamais il devrait y avoir, je dirai des … comme vous, des fondamentalistes, ils mettraient en danger tous nos frères et sœurs qui professent le Bon et le vrai Islam », laisse-t-il entendre.

Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech rappelle que la liberté de religion, le respect et la promotion de la dignité humaine sont des droits fondamentaux pour tout citoyen. Il réitère que « Personne n’a le droit de tuer un homme au nom de Dieu » et lance un message d’espérance que le mal triomphera pas sur le bien.

Stanley Muhindo

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