Butembo : le commerce de l’huile de palme affecté par l’insécurité à Manguredjipa et Ntoyo
L’insécurité dans la région de Manguredjipa, Ntoyo et environs influence négativement le prix de l’huile de palme à Butembo. Ces zones ne sont presque plus fréquentées par les acheteurs venant de Butembo, depuis quelques semaines.
Déjà un usager de la route Butembo-Manguredjipa raconte que le produit n’est plus visible sur le terrain et que les quelques personnes qui s’investissent dans ce secteur ont peur, car l’engouement n’est plus habituel.
« Ce n’est plus facile d’amener les marchandises jusqu’ici. Partout où il y a de l’insécurité, les gens ne vivent plus à l’aise. À Manguredjipa, les gens ne s’y rendent plus en masse. Une petite quantité d’huile de palme qu’on peut retrouver manque parfois de clientèle. Certains habitants sont encore là, mais l’effectif de ceux qui cueillent les palmes a baissé. En tout cas, si l’insécurité continue, même la petite quantité d’huile qu’on retrouve aujourd’hui, on ne l’aura plus, puisque tout le monde aura déjà abandonné ses champs. En fait, là-bas, pendant la journée, vous pouvez rencontrer certaines personnes, mais c’est le soir que les gens se déplacent », a-t-il révélé.
Du côté des revendeurs de l’huile de palme sur avenue De l’Église au niveau du parking de Manguredjipa TH centre-ville de Butembo, le gain n’est plus au rendez-vous. Le gros bidon de 40 litres d’huile de palme qui s’achetait, il y a peu, à 80 000 FC, se négocie aujourd’hui entre 85 et 90 000 FC suite à l’insécurité. Ils appellent les autorités à rétablir la sécurité pour aider les opérateurs économiques à conserver leurs capitaux.
« Le prix du bidon d’huile de palme a considérablement augmenté. Ce qui se vendait à 80 000 FC se négocie aujourd’hui entre 85 000 et 90 000 FC. Cette flambée est principalement due à l’insécurité persistante dans les zones de production. Manguredjipa, autrefois principal fournisseur, ne peut plus ravitailler la ville. Actuellement, seules les cantines parviennent à approvisionner le marché, en quantités très limitées. Conséquence : les marges bénéficiaires s’effondrent. Acheter un bidon à 90 000 FC ne permet plus de faire un bénéfice lors de la revente. Les commerçants, souvent avec de petits capitaux, se retrouvent en grand danger de faillite. Nous lançons un appel urgent aux autorités compétentes : rétablissez la sécurité dans les zones de production pour permettre la reprise des activités économiques normales », a-t-elle plaidé.
À part les activités minières dans cette région du territoire de Lubero, les habitants vivent généralement de l’agriculture et de l’élevage. Aujourd’hui, l’heure au sarclage du riz et des arachides.
Dany Mweusi