Verdict dans le procès Kabila : à Kyondo, la société civile pense que cette condamnation aura un sens le jour de son arrestation 

Goma, le 29 mai 2025. Joseph Kabila, photographié à sa résidence de Kinyogote aux côtés de responsables religieux, quelques mois avant sa condamnation historique à mort. © Moses Sawasawa/AP

La récente condamnation de Joseph Kabila vient allonger une liste déjà conséquente, incluant des figures comme Corneille Nanga, Willy Ngoma, Bertrand Bisimwa, et d’autres acteurs de premier plan. Cependant, pour la société civile de Kyondo, dans le territoire de Beni, ces jugements ne sont perçus que comme une mascarade. Ils estiment que ces condamnations ne prendront tout leur sens que le jour où ces individus seront réellement arrêtés et incarcérés.

“Nous l’avons appris en même temps que vous : Joseph Kabila, l’ex-président de la RDC, a été condamné à la peine de mort”, entame Muhindo Mugha Justin, président de la société civile de Kyondo.

Il ajoute : “C’est un message qui a été relayé par les médias, mais nous, comme population, nous n’en sommes pas vraiment satisfaits, parce que nous continuons d’être tués jour et nuit. Nous ne ressentons pas l’impact de ces différentes condamnations à distance. Je pense que ce qui serait nécessaire, c’est de mettre en œuvre tous les moyens pour arrêter ces personnes qui ne cessent d’endeuiller notre pays, afin que nous puissions retrouver une vraie paix. Tant que ces gens ne sont pas arrêtés, nous, comme population, ne voyons aucun impact positif”. 

Selon lui, Joseph Kabila Kabange est “un terroriste de haut niveau qu’il faut traiter avec beaucoup d’attention, pour éviter de victimiser davantage la population de l’Est”. 

“Je pense que les conséquences peuvent être très graves. Étant donné qu’il est déjà condamné, il peut décider de faire encore plus de dégâts, être plus radical dans ses actions contre la population. Ce n’est pas n’importe qui”, a-t-il estimé. 

Selon la Haute Cour militaire, Joseph Kabila est identifié comme le chef de la coalition rebelle AFC-M23 et aurait joué un rôle central dans la planification, l’organisation et la supervision des activités militaires menées contre la RDC. La Cour évoque sa présence dans les camps d’entraînement, sa direction des réunions stratégiques et son implication directe dans les hostilités à l’est du pays depuis l’époque de la rébellion de Mutebusi.

Bakwanamaha Joseph

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