UAC-Beni : l’étudiant Papy Mwithe explique le mutisme (silence) sélectif chez les terroristes ADF capturés
Lors de sa soutenance de mémoire à l’Université de l’assomption du Congo de Beni (UAC-Beni), le mercredi 1ᵉʳ octobre 2025 à Beni, l’étudiant Kambale Mwithe Papy a présenté une étude saisissante sur un phénomène peu abordé : le mutisme sélectif chez les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) capturés ou rendus, détenus à la prison urbaine de Beni-Kangwayi.
Le mutisme sélectif, défini comme un silence apparent dans certaines situations alors que la personne est capable de parler, est un comportement fréquemment observé chez ces détenus.
« On observe souvent, lorsqu’un ADF est capturé, qu’il refuse de répondre aux questions ou ne parle que très peu, parfois un seul mot avant de se taire », explique Kambale Mwithe, étudiant en sciences psychologiques et de l’éducation à l’UAC-Beni.
Selon lui, ce silence n’est pas un simple refus de communiquer, mais une conséquence complexe de l’endoctrinement et des conditions carcérales radicalisantes.
« Ce mutisme est un trouble psychologique lié à la radicalisation », précise l’étudiant, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’un comportement défiant, mais d’une maladie mentale méritant une prise en charge adaptée.
Pour ce chercheur, la réponse à ce phénomène ne doit pas reposer uniquement sur les forces armées ou la justice.
« Il est vital que tous les acteurs de la société civile, psychologues, juristes, agronomes, intellectuels, s’impliquent dans la compréhension et la déradicalisation de ces terroristes », affirme-t-il.
Une démarche collective, intégrant la psychothérapie, l’ergothérapie, ainsi que des formations professionnelles, pourrait faciliter une réinsertion progressive après détention. Il met en garde contre les risques de radicalisation renforcée en prison, où les détenus ADF sont mélangés à d’autres criminels, et plaide pour la mise en place de programmes de déradicalisation financés par les gouvernements et partenaires internationaux.
« En déradicalisant un seul ADF, nous sauvons des vies humaines et nous créons des sources précieuses d’informations pour nos services de sécurité ».
Quand la communauté croise un individu radicalisé, Papy Mwithe conseille de le remettre aux services de sécurité et d’éviter les jugements hâtifs ou justice populaire.
Poursuivant sa quête en master, il orientera ses recherches vers la déradicalisation des ADF, car convaincu que la peur et la stigmatisation donnent force aux terroristes en toutes ses formes.
En conclusion, le récipiendaire invite les futurs étudiants à se tourner vers la psychologie clinique de l’UAC-Beni, domaine qu’il qualifie de fondamental pour comprendre les comportements humains et contribuer à la paix. Il souligne également l’excellence de la formation en psychologie à l’UAC Béni, un établissement catholique des Pères Assomptionnistes reconnu pour la qualité de son enseignement.
Milan Kayenga