Meurtre d’une étudiante de l’ISTM près de Butembo : le gouverneur dépêche un émissaire pour l’organisation des obsèques
La journée de ce jeudi 13 novembre 2025 a été marquée par la paralysie des activités scolaires, académiques et socioéconomiques, ainsi que par la perturbation de la circulation à Musimba, dans le territoire de Lubero. Ces troubles sont survenus suite à la colère des étudiants de l’ISTM-Butembo après l’assassinat de leur camarade, Rosette Vyaghula. En réaction à cette situation, le gouverneur militaire du Nord-Kivu a dépêché son conseiller en charge des relations avec la société civile pour organiser les funérailles.
La rencontre a eu lieu, à partir des heures de midi, dans la salle polyvalente du secteur catholique de Musimba. Ici, les étudiants, des membres des groupes de pression et des mouvements citoyens, les autorités politico-administratives et civiles ont été urgemment invitées pour discuter avec l’abbé Paluku Patrick Kasolene, pour appeler les habitants au calme et organiser les funérailles de Rosette Vyaghula en toute sécurité.
Avant tout, les participants de tous les camps ont décrié l’insécurité. De tout ceci, les forces vives locales appellent à amener les Wazalendo en formation parce qu’ils agissent comme des mercenaires non éduqués.
“Ce que nous demandons, c’est ceci : La délocalisation immédiate de ce camp de factions Wazalendo installées dans notre milieu; la justice pour tous les abus commis depuis leur présence, voilà déjà une année que cela dure, et les populations continuent de souffrir chaque jour. Nous voulons que ces hommes ne circulent plus armés au sein de la cité. Lorsqu’ils doivent entrer dans les zones habitées, ils doivent le faire en tenue civile et sans armes. Car leur présence armée donne l’impression qu’ils détiennent le monopole de la vie des autres. Autre chose : nous appelons à la conscience de ces hommes eux-mêmes. Ils sont humains, ce sont nos frères. Mais ils ne doivent pas agir comme des bêtes incapables de réfléchir, prêtes à tirer sur leurs semblables. Nous ne sommes pas en guerre contre eux. Ils ne sont pas nos ennemis. Mais nous refusons d’être terrorisés et maltraités chaque jour”, ont-ils insisté.
En réaction, l’envoyé du gouverneur militaire a compris l’émotion des victimes. Il les a apaisés et leur a promis que les services de sécurité suivent cette question de très près. Pour le cas actuel, nous appelons les victimes au calme et à préparer un enterrement digne et sécurisé, conseille l’abbé.
“Ils ont compris le message de l’autorité, et maintenant, ils sont très disposés à accompagner leurs camarades dans la dignité. Peut-être qu’il y a eu un certain surchauffement, comme vous venez de le mentionner, sinon c’est sera des mal intentionnés, car il ne manque jamais d’infiltrés. Mais aussi, je tiens à saluer également la présence du coordonnateur de la REC, qui, lui aussi, a exprimé le souhait de s’adresser à nous. Et c’est tout ce que nous voulons : être encouragés à suivre l’orientation de la famille, qui désire accompagner son enfant dans la dignité”, a-t-il déclaré.
En rappel, deux factions Wazalendu se sont disputés au marché MTB, le mercredi. Ils ont usé des armes pour cette cause. Dans ce contexte, l’étudiante est décédée après avoir été touchée par une balle alors qu’elle revenait de son école. Ce jeudi, nous avons appris l’alourdissement du bilan par la mort d’un Muzalendo ce même jour. Le deux corps gisent à la morgue de l’hôpital Saint-Raphaël de Musimba, connu sous le pseudo de Maison rouge.
Le corps de l’étudiante sera inhumé à Kagherie, le vendredi 14 novembre 2025. La date de l’enterrement de celui du patriote n’a pas été communiquée à l’issue de la rencontre de ce jeudi. Il est à noter que le gouvernement provincial promet de soutenir financièrement les funèbres de l’étudiante Rosette.
Patrick Kalungwana