Soutenance à l’UAC/Beni : une étude universitaire se penche sur l’impact mental d’une décennie de violences dans la région
À Beni, une nouvelle étude universitaire alerte sur les conséquences psychologiques des violences qui frappent la région depuis plus de dix ans. Kavira Malikeo Marie-Shekinah, étudiante en psychologie clinique à l’UAC-Beni démontre que les massacres, les attaques armées et les déplacements forcés pourraient entraîner, d’ici 2030, une augmentation importante du nombre de personnes victimes des troubles psychiques. RADIOMOTO.NET a participé à la soutenance publique de mardi 18 novembre à l’Université de l’assomption du Congo de Beni.
Dans son mémoire intitulé : « De l’impact des massacres sur l’état psychique de la population de Beni : Études psychoprédictives à l’horizon 2030 », l’étudiante explique que les survivants présentent souvent un stress intense, des cauchemars ou des images intrusives. Même ceux qui n’ont pas assisté directement aux attaques souffrent d’anxiété et de troubles de l’adaptation.
“Les massacres laissent des cicatrices profondes, non seulement sur les victimes directes, mais aussi sur l’ensemble de la population entière. Les filles sont souvent capturées par des groupes armés et soumises à des violences sexuelles. Les habitations sont systématiquement détruites; les maisons incendiées et les biens pillés. Ces évènements traumatiques peuvent avoir des conséquences à long terme, car chaque personne a sa manière propre de réagir à un évènement traumatique”, a-t-elle démontré.
Face à ce phénomène, qui menace la résilience de toute la communauté, la chercheuse recommande au gouvernement congolais d’améliorer la sécurité et de mettre en place une véritable politique de santé mentale, tandis qu’elle appelle la MONUSCO et les professionnels du secteur à renforcer la prise en charge psychologique.
“Au gouvernement de la RDC de prendre au sérieux la problématique sécuritaire à Beni face aux massacres et rebellions liées directement ou indirectement à certaines autorités ; de mettre en place des enquêtes crédibles et efficaces, pouvant déboucher sur des mesures concrètes”, a-t-elle recommandé.
Cette présentation s’est tenue dans le cadre de la soutenance pour la seconde session à l’Université de l’Assomption du Congo, où dix autres étudiants de différentes facultés organisées à l’UAC-Beni ont défendu des mémoires axés sur des thématiques d’actualité. Cette soutenance publique déroulée dans l’une des salles des sœurs orantes de Beni-Cité clôture l’année académique 2024-2025.
Milan Kayenga