Butembo : Edgar Mateso propose le recyclage et l’évaluation des autorités pour mettre fin aux manifestations de rue
La population de la ville de Butembo (Nord-Kivu) devra cesser l’habitude de n’obtenir le changement des autorités qu’après des manifestations. C’est un conseil d’un acteur politique et ancien acteur de la société civile. Edgar Mateso parle de plusieurs facteurs à la base de cette attitude.
Cet acteur politique, philosophe et enseignant à l’Université de l’Assomption au Congo, UAC a été approché par Radio Moto Butembo-Beni après une manifestation organisée mardi 14 Janvier 2026. Par cet acte, certains groupes de pression et mouvements citoyens réclamaient le départ du maire et du commandant ville de la PNC pour incompétence dans la sécurisation de la ville.
Edgar Mateso reconnait le fait que les dernières autorités de la ville avant l’avènement de l’état de siège partaient toujours après une pression de la population. Une attitude qu’il n’encourage pas du tout, croyant que les responsabilités sont partagées entre la population et les instances qui nomment ces autorités.
Recyclage
Edgar insiste surtout sur le recyclage des nouvelles autorités avant leur installation afin de leur permettre de maitriser le comportent psycho-anthropologique de la population qu’elles ont à gérer.
« Du côté des autorités, je pense qu’il faut là aussi redéfinir les choses, parce qu’il arrive qu’on nous envoie les autorités qui maitrisent moins la contrée, qui ne maitrisent pas la situation socio sécuritaire et même comportement psycho-anthropologique de notre milieu », analyse Edgar Mateso.
Evaluation
Notre interlocuteur plaide également pour l’évaluation régulière des nouvelles autorités par la hiérarchie par rapport aux attentes des habitants. Et de là prendre des décisions de relève avant que les bandits et les autres détracteurs n’exploitent les faiblesses de ces dirigeants pour soulever la population.
« Dans chaque zone il y a des bandits. Et ces bandits, justement, essaie d’étudier le comportement des autorités qui viennent d’être mises en place. C’est pourquoi vous verrez, qu’il y a une sorte d’accalmie. Mais à un certain moment, vous verrez, après que ces bandits maitrisent le comportement des autorités, ils exploitent les faiblesses, et il y en a justement, qui politiquement peuvent jouer comme cela pour que telle autorité puisse sauter », explique-t-il.
Edgar Mateso évoque la grande faiblesse de la méthode populaire, c’est qu’elle ne sera pas tout le temps efficace. Aussi, fait-il remarquer, les autorités visées peuvent utiliser la même méthode pour convaincre leur hiérarchie qu’elles ont encore beaucoup à faire et ainsi s’éterniser au pouvoir.
Stanley Muhindo