RDC : Mgr Fridolin Ambongo dresse une situation “extrêmement difficile” dans l’Est auprès du Pape
L’archevêque métropolitain de Kinshasa dresse un constat lucide et douloureux de la situation de l’Est de la RDC, après qu’il a conduit une mission du comité permanent du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) auprès du Pape Léon XIV. Pour le cardinal Fridolin Ambongo, la région des Grands Lacs, particulièrement la RDC, est dans une situation extrêmement difficile, amplifiée par l’action des armes. Pourtant, selon lui, la solution serait le dialogue.
Le peuple souffre, parce que, au-delà de tous les grands discours qu’on tient, c’est le petit peuple qui paie le prix, s’est désolé l’archevêque de Kinshasa, devant les journalistes. Ce, avant de regretter que beaucoup d’argent soit investi dans l’armement, dans la guerre, alors que ces moyens auraient pu être utilisés pour l’éducation, pour la santé, pour développer le pays.
« Malheureusement, une part importante de nos ressources est utilisée aujourd’hui pour la guerre. Et pourtant nous ne voyons pas les résultats. Plus la guerre dure, plus la situation du peuple se dégrade », a-t-il regretté.
Le cardinal estime que la paix ne viendra pas par les armes, mais par le dialogue. Il se rappelle que, depuis déjà plus d’une année, l’Église a prôné le dialogue, puisque l’Église n’a jamais cru à une solution aux coups de canot.
« L’Église est convaincue et les pasteurs sont convaincus que la solution se trouve autour d’une table, là où chacun peut s’exprimer et dire ce qu’il a sur son cœur. Que ce soit le bon ou le mauvais, que chacun ait quelque chose à dire. Il y a des initiatives qui ont été commencées, même abouties d’une certaine manière : le processus de Washington, le processus de Doha. Pour nous, nous disons, toutes ces initiatives qui vont dans le sens du dialogue vont dans le bon sens. Mais ces initiatives jusque-là se sont montrées insuffisantes », a-t-il poursuivi.
Le cardinal de la RDC tente d’afficher la forme que peut prendre ce dialogue. Il peut se dérouler d’abord entre Congolais avant de s’élargir à d’autres personnes.
« Et quand nous disons entre nous, Congolais, c’est à la fois le Gouvernement actuel, l’opposition dans son ensemble, que ce soit l’opposition non armée ou l’opposition armée, tout le monde est invité sur la table, et la société civile. Nous, comme Église catholique, faisons partie de la société civile. Que tous ces trois blocs se retrouvent ensemble autour des médiateurs pour que nous puissions mettre sur une table tout ce qui fait que notre pays ne peut pas fonctionner aujourd’hui », a-t-il conclu.
Entretemps, le cardinal rassure que l’Église continue de prier pour le pays, avec l’espérance que ce dialogue se tiendra dans un avenir raisonnable pour que, enfin, la souffrance du peuple congolais puisse s’arrêter.
Patrick Kalungwana