Procès ENK à Butembo : le Tribunal se déclare « non saisi » à l’égard de 3 responsables de la société accusés “d’escroquerie” 

La troisième audience a eu lieu ce lundi 26 janvier 2026 dans le dossier opposant l’Association des consommateurs de l’eau et de l’électricité (ACE2) à certains responsables de la société Énergie du Nord-Kivu (ENK) et à la société elle-même. Ça se déroule au Tribunal de commerce de Butembo. Si le tribunal s’est dit légalement saisi à l’égard d’ENK, il s’est cependant déclaré « non saisi » à l’égard des trois responsables de cette société accusée d’escroquerie. 

Dès l’ouverture d’audience, la fameuse question sur la saisine est revenue. L’avocat de ENK et ses responsables ont démontré que leurs clients n’ont jamais été légalement saisis puisqu’ils n’ont aucune résidence en ville de Butembo. Malgré les interventions de la partie demanderesse et du ministère public qui voulaient, se fondant sur l’article 58 du Code de procédure civile, que la résidence de MGL soit considérée comme telle, car confirmée par plusieurs sources, le tribunal a exigé que ces accusés soient atteints à leurs résidences ou à leurs domiciles officiels à Kinshasa. En effet, cet article stipule qu’un individu peut avoir plusieurs résidences. Ce qui a tout bloqué et poussé le tribunal à renvoyer la cause au 2 mars prochain. 

Au sortir de la salle d’audience, Maître Vianney Kanzira, avocat-conseil de ENK et de ses responsables, s’est dit prêt à démontrer que ce procès n’a d’autre caractère que le populisme de la part du demandeur.

“ENK est opposé à l’association des consommateurs qui n’arrive pas jusqu’à cette date à atteindre les personnes qu’il veut voir en justice, ce qui est quand même, je dirais, une négligence de sa part. Ce sont les choses que nous avons observées. Cette légèreté-là, nous pensons que ça ne va plus se répéter et qu’à l’audience du 2 mars, le travail sera fait. Et je peux vous rassurer que ce procès, c’est tout sauf le droit. On y arrivera le moment venu. Celui qui a initié l’action, il n’est pas différent de tous les populistes”, a-t-il déclaré. 

Maître Sekera Kivasuvwamo, coordonnateur de l’ACE2, parle d’une mauvaise foi de la partie adverse qui change d’adresse pour compliquer la tâche. Il se dit serein ainsi que son conseil pour combattre cette injustice entretenue par la société ENK et ses responsables contre les consommateurs de l’électricité.

Et nous, on ne se fatigue pas. Si vous nous voyez, nous sommes sereins, nous pouvons même nous battre pendant autant d’années que cela peut demander. Cette injustice, tant qu’elle persistera, nous nous battrons. Donc nous, on ne peut pas se fatiguer. Ils changent les adresses, nous allons les poursuivre aux adresses qu’ils ont fixées. Et nous allons les avoir. Ça, c’est un combat contre une injustice. C’est pas du populisme. Parce que nous, on est des citoyens consciencieux. Ce que nous disons ici, c’est ce que les gens subissent. Simplement parce que nous, nous le disons tout haut. Mais tout le monde le dit », a-t-il rassuré. 

L’ACE2, par le biais de son coordonnateur, Maître Sekera Kivasuvwamo, accuse la société ENK d’escroquerie en faisant payer le compteur, mais également les frais de suivi et de maintenance même quand ses équipes ne sont pas passées pour cette fin. Elle s’en va aussi en guerre contre un quelconque monopole qu’aurait ENK dans l’alimentation en énergie électrique à Butembo et Beni.                                                 

Stanley Muhindo 

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