Butembo : Muhindo Vindu, 56 ans, plus qu’un débosseleur, un mentor pour la nouvelle génération

Un vieux maitre de la mécanique qui veut redresser l’avenir de la jeunesse. Il s’agit de Muhindo Vindu Apollinaire. Il fait le débosselage et la peinture des véhicules depuis 37 ans. Âgé de 56 ans, Apollinaire est reconnu comme l’un des rares débosseleurs qui maitrisent leur métier dans la ville de Butembo. 

Seul dans son garage situé à Mutsanga/Ivatama, il fait face à une forte demande en raison de son savoir-faire remarquable et très sollicité. Jusqu’à aujourd’hui, il a transmis ses compétences à ses deux fils, dont l’un a ouvert son propre garage à Kisangani et l’autre à Butembo. Conscient du poids de l’âge, sa vision est désormais de léguer ses connaissances à la jeunesse.

« Aujourd’hui, j’ai une vision, parce que je trouve que nous sommes fatigués. Nous avons travaillé de nombreuses années. Il faut absolument que nous formions des jeunes à ce travail. Et la manière dont nous avons appris, la ville était encore une cité. Aujourd’hui, c’est comme ça. Les routes sont réhabilitées chaque jour. Les accidents vont continuer d’être nombreux. Et la population de Butembo n’aura pas de mécaniciens qui peuvent aider vraiment. Ils seront tristes. La voiture tombera en panne. Il faudra l’amener en Ouganda ou dans une autre région pour la réparer. Mais, si nous avons des jeunes que j’ai formés moi-même, j’aurai la chance qu’ils aideront la population », a-t-il déclaré.

Pour ce vétéran du garage, « un véhicule accidenté n’est pas une carcasse à abandonner, mais un défi technique à relever ». Refusant d’emporter ce secret professionnel dans sa tombe, il lance un appel aux jeunes pour qu’ils viennent se former. 

Au-delà de la continuité du service, son initiative vise aussi l’autonomie financière et la résilience de la jeunesse. C’est dans cette optique qu’il invite les intéressés à s’inscrire dans son garage de Mutsanga dès ce mois de février 2026.

« Je crois à d’autres personnes qui travaillent dans des garages, mais ce n’est pas à 100 %. Parce qu’ils ne sont pas mes collègues, on n’a jamais travaillé ensemble. Parce que je peux voir son travail, je contrôle et je remarque qu’il y a une erreur. Mais moi, je rends bien mes services en étant sûr de ce que je fais. C’est pourquoi j’aime collaborer pour aider la population. Même ceux qui disent savoir, s’ils voient qu’ils ne savent pas, ils peuvent venir apprendre. J’ai trouvé que ce travail m’a beaucoup aidé. Il m’a tout donné », a-t-il conscientisé. 

Au terme d’une année de formation, Apollinaire espère que ces jeunes auront acquis une maitrise suffisante. Ainsi, certains pourront alors être empochés dans son garage afin d’accélérer la remise en état des véhicules accidentés. Une fois cet objectif atteint, il prévoit de moderniser son atelier pour offrir un service de qualité, évitant ainsi aux propriétaires des véhicules de Butembo d’aller solliciter des services en Ouganda, réputé pour ses garages sophistiqués.

Esther Vwiravwahali

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