RDC : Stewart Muhindo voit en James Swan le renforcement des liens stratégiques entre Washington et Kinshasa

La nomination de l’Américain James Swan comme nouveau représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO est une sorte de prolongement du renforcement des relations bilatérales entre les États-Unis et la RDC. C’est l’analyse de Stewart Muhindo, militant du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA). RADIOMOTO.NET l’a contacté ce samedi 7 mars 2026. 

Ce militant de la LUCHA estime que les USA veulent avoir une présence marquée en RDC afin de faire respecter les accords de Washington. Il croit que cette présence va donner plus de force à la MONUSCO qui désormais pourra même frapper chacun des protagonistes qui aura l’intention de violer les accords. Stewart Muhindo compte sur le soutien des USA et la place qu’ils occupent au Conseil de sécurité.

On voit bien que les États-Unis veulent avoir une présence marquée au Congo en vue de soutenir la mise en œuvre de l’accord de Washington qui a été signé le 4 juin entre le président Kagame et le président Tshisekedi et je pense que cette nomination c’est évidemment le souci de faire en sorte qu’à travers la Monusco, que la Monusco garantisse plus ou moins le respect de ces accords là et moi je pense en voyant les différents protagonistes qui sont sur place et en voyant comment la situation évolue, ça peut être une bonne nouvelle parce qu’on sait que la Monusco, quand elle agit et quand elle a le soutien politique et militaire nécessaire de la part des instances de l’ONU y compris des États-Unis qui sont un des membres permanents de l’ONU et non les moindres, la Monusco peut vraiment créer la différence”, a-t-il analysé. 

Se basant sur l’expérience de la brigade d’innervation de la MONUSCO en 2013, qui avait défait le M23, il espère que la MONUSCO sous l’Américain James Swan sera désormais cet outil efficace de soutien et de garantie de respect des accords. Cela pourra redorer l’image de la force onusienne et ainsi faciliter son retour même dans les zones où elle a été déclarée indésirable, a-t-il estimé. 

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les gens, lorsqu’ils demandent le départ de la MONUSCO, c’est forcément parce qu’ils sont déçus de sa manière d’agir, du fait qu’elle n’agit pratiquement pas contre les différents groupes armés. Donc si la MONUSCO se met à agir contre les groupes armés, et que tout le monde est témoin du fait qu’elle est en action sérieusement contre les groupes armés, personne ne va demander son départ, et personne ne demandera d’être sensibilisé pour la soutenir et pour la laisser poursuivre son travail. Si on apprend que la MONUSCO a délogé le M23 de Katondi, je ne vois personne à Butembo ou à Lubero qui va attaquer le combat de la MONUSCO. Au contraire, les gens vont leur donner de l’eau, vont leur jeter des fleurs et des applaudissements”, a-t-il démontré. 

La nomination de James Swan est intervenue le 5 mars dernier en remplacement de la Guinéenne Bintou Keita. Le contexte est tel que la partie orientale de la RDC est envahie actuellement par l’AFC/M23. Depuis juillet 2025, les deux pays ont signé des accords entérinés par les présidents Tshisekedi et Paul Kagame en décembre sous la médiation des États-Unis.

Stanley Muhindo   

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