Ituri : les ADF instaurent un « business de la terreur » à Mambasa avec des rançons allant jusqu’à 8 000 dollars
La coordination territoriale de l’ONGDH dénommée, Action pour la Protection et Défense d’Enfants et Femmes vulnérables, APDEF Mambasa, alerte sur une recrudescence de la menace des ADF. Elle est marquée par une nouvelle stratégie d’enlèvements contre rançon.
Selon son coordonnateur territorial, Rams Malikidogo, depuis l’attaque du 8 mars à Muchacha, plusieurs otages sont libérés après paiement, comme le cas récent de deux civils relâchés après avoir versé 8 000 dollars. Selon lui, les victimes incapables de payer sont exécutées. Face à cette situation, Rams Malikidogo appelle les autorités à intensifier les opérations militaires afin de libérer les captifs et rétablir la sécurité.
« C’est depuis les attaques au moins de mars… Nous alertons les autorités, puisque selon les informations de nos équipes de monitoring, la libération des otages est en train d’être conditionnée par le payement de la rançon. Jeudi dernier, deux civils ont par exemple été libérés. Les civils qui n’ont pas de moyens sont en train d’être exécutés. Nous appelons les autorités à prendre les mesures sécuritaires pour épargner la population », alerte Rams Malikidogo.
Vendredi dernier, les défenseurs des droits humains dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, ont alerté sur un mouvement suspect des hommes assimilés aux présumés combattants de l’ADF, dans la chefferie des Babila-Bakwanza. Rams Malikidogo parlait d’un groupe d’individus armés, composé d’hommes, de femmes et d’enfants, aperçu le au PK 32 sur l’axe Mambasa–Komanda sur la route nationale numéro 44 (RN44), se déplaçant de l’est vers l’ouest.
Il faut rappeler que le territoire de Mambasa fait actuellement face à l’activisme des ADF. Lors de leurs incursions, ces rebelles tuent des civils, kidnappent d’autres, violent des femmes et/ou rentrent dans la brousse avec leurs biens.
Jonas Aristote Sabuni